Cours de Sabine lardon, octobre 1996-février 1997





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LA FUITE DU TEMPS ET LA PEUR

DE LA MORT AU XVI° SIÈCLE


I - LES MENTALITÉS ET LA SITUATION À LA FIN DU MOYEN-ÂGE
Depuis la fin du Moyen-Âge, la peur de la mort et de la fuite du temps ont envahi les consciences. Cette peur va régner pendant tout le XVI° siècle.

Elle a des causes liées au contexte social et politique : la peste noire, les nombreuses disettes, les morts et assassinats parmi les grands du royaume (d’où une instabilité politique liée à cet état de conspiration), guerres (la guerre de Cent Ans en particulier)...

Ce climat d’instabilité est négatif et il va peu à peu entraîner un climat de mauvaise conscience et le sentiment d’être en état de pêché.

Cela rejaillit sur les comportements : c’est une époque de cruauté de la justice (chasse aux sorcières et aux suppôts de Satan). Toute une vogue de jurons se développe, qui sont l’expression d’une foi un peu paradoxale. On s’oriente sur une conception théologique manichéenne ; la pensée que personne n’est entré au paradis depuis un certain temps se répand. De plus, on croit en l’imminence de la fin du monde et de l’apocalypse.

L’art va également se ressentir de cette mentalité. Il y a de nombreuses représentations de la fin du monde, de l’apocalypse, sur les murs des cathédrales, sur des fresques et des tableaux, sur des tapisseries, sur des vitraux. Il y a une complaisance morbide dans la représentation de la douleur et de la mort. (ex : 1492, Traité des peines d’Enfer et de Purgatoire, qui recense toutes les peines imaginables). Il y a toute une imagerie macabre : vieillard au sablier, squelette armé d’une faux, cadavre rongé par les vers et en putréfaction.

Danses macabres (déformation de danses macabrées), apparues après 1400 : ce sont des représentations peintes ou gravées de la Mort qui entraîne tout un cortège (papes, rois, pauvres, sages, fous, etc. : égalité devant la mort). Ces danses peuvent être jouées.

Représentations morbides du Christ supplicié, de la Vierge en mère éplorée.

II - PENDANT LA RENAISSANCE
Au début du XVI° siècle, pendant la période humaniste, le climat est plus optimiste. Cependant, la peur de la mort subsiste, à cause du contexte (épidémies, famines, guerres sont toujours d’actualité). L’humanisme se tourne vers les civilisations disparues (Les Antiquités de Rome, de Du Bellay : il ne reste que des ruines ; déception du contact avec Rome).

Pendant la première partie de la Renaissance, les poèmes restent quand même pour la majorité optimistes. La fuite du temps est traitée à travers l’amour et une morale épicurienne (carpe diem), preuve de la mentalité humaniste (foi en l’homme).

Dans la deuxième partie du XVI° siècle ont lieu les guerres de religion. La mort devient omniprésente, car les massacres religieux se multiplient : on a dès lors une vision plus crue. La morale qui domine est la morale stoïcienne. L’homme doit par son comportement aller à rebours contre la fuite du temps, il doit demeurer constant. Il y a d’un côté le divin, éternel, immuable, parfait ; et de l’autre, l’humain, le terrestre, le corrompu, l’éphémère. Le stoïcisme est un moyen de résister au mouvant du monde environnant pour s’approcher, par sa constance, le plus possible du divin.

[En complément, analyse du dixième sonnet des Amours, de Jean de Sponde].


LE BAROQUE


I - DÉFINITION
1) Sens du mot.
À l’origine, le terme relève du vocabulaire de la joaillerie, et désigne une perle de forme irrégulière. À partir de la première moitié du XVIII° siècle, le mot va revêtir un sens figuré péjoratif pour désigner, en tant que substantif, une entreprise incongrue ; en tant qu’adjectif, il va signifier : bizarre, irrégulier, inégal ou incongru.

Dans la seconde moitié du XVIII° siècle, il va être appliqué à l’art, en particulier en architecture où il désignera un style bizarre jusqu’à l’excès.

À partir du début du XX° siècle, il va être appliqué à la littérature (et aux arts en général) pour désigner l’esthétique des années 1560 à 1660 (la période tourmentée des guerres de religion, et des bouleversements qui en ont résulté).

C’est un courant qui sert de transition entre deux périodes d’équilibre, la Renaissance et le Classicisme.
2) Les caractéristiques du Baroque
— Il y a une primauté du mouvement sur la forme arrêtée. On privilégie la ligne courbe plutôt que la ligne droite. On a une œuvre plutôt ouverte que fermée (digressions, dialogues, dénouement en suspens...), caractéristique, par exemple, des Essais de Montaigne.
— Importance du jeu des apparences. Il y a une prédominance de l’obscurité sur la lumière. L’art baroque aime bien les reflets (ex : image de la flamme, du feu) et le clair-obscur. Importance des nuances et des couleurs (image de l’arc-en-ciel). Faux-semblants (masque, mensonge, illusion / magie, trompe-l’œil) : cf. L’Illusion Comique de Corneille, ou le personnage de Dom Juan. L’apparence éphémère est très importante dans la deuxième partie du XVI° siècle (période des guerres de religion, et donc de la littérature religieuse) : tout ce qui relève de l’humain, du terrestre, du profane est éphémère, corruptible, seul le divin est éternel. Distinction corps / âme.
— Mise en scène d’un espace chaotique. L’art baroque privilégie les effets de perspective et de profondeur par rapport à la surface plane. Évocation d’un centre fuyant, que l’on perd et que l’on recherche, ou d’un centre excentré. Images qui relèvent d’un cheminement complexe (en particulier l’image très fréquente du labyrinthe). Évocation du désordre caractéristique du profane.
— Évocation de la multiplicité, qui peut prendre deux formes : la multiplicité des choses (objets ou personnages) ou l’unité multiple (l’homme est variable, mouvant ; un caméléon qui change). L’homme est fait de contrastes et de contraires. On a la vision d’un être démesuré, pris entre son orgueil et sa vanité. D’un point de vue stylistique, le baroque privilégie les antithèses, les oxymores, les paradoxes ; les métonymies, les métaphores et les comparaisons (l’homme est un être fuyant, on ne peut le saisir que par des détours). Image du miroir et du reflet (le même, mais pourtant différent).
— Volonté d’impressionner. On a un art de l’hyperbole, un art accumulatif (redondances, énumérations, syntaxe complexe) ; recherche d’un effet de surprise par le mélange des genres (mélange tragique / comique, grotesque / macabre, mélange des registres de langue, et parfois un mélange d’érotisme et de mysticisme).
Jean Rousset, spécialiste du Baroque, place celui-ci sous le triple signe de Protée (dieu des eaux qui a la particularité de se transformer, dieu aux apparences multiples et changeantes), du paon (animal incarnant l’orgueil ostentatoire) et de Circé la magicienne (jeu de l’illusion).

II - INTERPRÉTATION
La première cause du Baroque, c’est le bouleversement culturel amené par la Renaissance, qui après coup s’avère déstabilisant pour les mentalités, en particulier sur trois points :

— les découvertes des aventuriers et des missionnaires, qui découvrent de nouvelles contrées et surtout de nouveaux peuples. On remet en question l’origine de l’humanité et l’enseignement de la Bible. On parle de polygenèse ; on pense qu’une partie de l’humanité a échappé aux chroniqueurs. On s’oriente vers le scepticisme ou vers le pouvoir de l’imagination, ainsi que vers le mysticisme et l’occultisme (avec l’alchimie par exemple).

— les bouleversements des guerres de religion, qui vont ébranler la confiance des individus. La mort devient obsédante, on parle alors de baroque macabre (baroque de la seconde moitié du XVI° siècle, mais pas du XVII° siècle).

— L’instabilité politique renforce l’incertitude des connaissances pour donner la vision d’un monde chaotique. Le monde terrestre paraît absurde et cruel, voué au chaos, à la mort et à la ruine. Pessimisme religieux (vision calviniste, en particulier).

III - BAROQUE ET MANIÉRISME
Le maniérisme désigne un style qui privilégie la forme, et qui se rapproche du baroque par sa forme (recherche des effets de style) et son esthétique de la multiplicité. Mais il en diffère sur un point capital : dans le maniérisme, l’auteur s’abandonne sans contrôle à l’excès, alors que dans le baroque, par-delà la constatation de la multiplicité, il aspire à l’unité. Claude-Gilbert Dubois dit que le maniérisme est un art schizophrène, c’est-à-dire qui cultive le dédoublement et l’imitation, alors que le baroque est un art paranoïaque, par son soucis systématique de l’unité et son angoisse de la multiplicité.

CONCLUSION
Le baroque a pu se développer dans la seconde partie du XVI° siècle en accord avec le contexte religieux (car la littérature religieuse constate le désordre du monde terrestre, mais aspire à l’unité du divin). On voit l’accord qu’il peut y avoir entre le baroque et le stoïcisme, car l’individu, isolé dans un monde confus, cherche à se distinguer par son attitude stoïque. Pour le XVI° siècle, Jean Rousset parle d’inconstance noire, alors qu’il parle d’inconstance blanche pour la première partie du XVII° siècle (un art baroque plus léger, plus optimiste qui va déboucher sur la préciosité et le maniérisme).


LE PREMIER XVII° SIÈCLE:

LE SIÈCLE DE LOUIS XIII


Cette première partie du XVII° siècle va de 1598 à 1661, et se découpe en quatre étapes :

— de 1598 à 1610 : règne de Henri IV.

— de 1610 à 1614 : règne de Marie de Médicis.

— de 1614 à 1643 : règne de Louis XIII.

— de 1644 à 1654 : régence d’Anne d’Autriche.

I - 1598-1610
C’est l’époque du règne de Henri IV, un règne de douze ans de paix pendant lesquelles le roi réorganise le royaume après les guerres de religion. Il va rétablir l’ordre d’un point de vue institutionnel, puis réorganiser la reconstruction matérielle, en particulier en encourageant la production. Il organise également la reconstruction spirituelle (ce fut difficile, car Henri IV était protestant, mais pour se faire sacrer roi il a dû privilégier le catholicisme et renoncer au protestantisme). Il rappelle en 1603 les jésuites, exilés, mais il continue à protéger les protestants.
II - LA RÉGENCE ET LE RÈGNE DE LOUIS XIII
De 1610 à 1617, la France connaît une crise gouvernementale. De 1610 à 1614, Marie de Médicis est régente, et elle dispose des pleins pouvoirs du Parlement jusqu’à la majorité du roi (octobre 1614). Elle est également chef du conseil. Or, c’est un couple d’aventuriers italiens qui, en fait, va gouverner pendant cette période : la sœur de lait (c’est-à-dire qui a eu la même nourrice) de la reine-mère et Concini, son mari. Concini va être comblé d’honneurs : nommé maréchal, marquis, gouverneur, etc. mais il est détesté du peuple.

En 1612 se conclut le mariage entre le futur Louis XIII est l’Infante d’Espagne, Anne d’Espagne. C’est un double mariage, car la sœur de Louis XIII se marie en même temps avec l’héritier du trône d’Espagne. Louis XIII va provoquer ainsi beaucoup de mécontentement, notamment du Parlement, de la Sorbonne, des protestants et de la noblesse.

Le 24 avril 1617, Louis XIII, devenu roi, fomente un coup d’État contre Concini, lequel va être tué. La reine-mère, en disgrâce, est condamnée à l’exil. Elle entraîne dans sa chute Richelieu, qui était un proche de Concini et qui avait tenté de jouer un double jeu entre le roi et sa mère. Il y avait une grande méfiance entre Louis XIII et Richelieu.

De 1617 à 1621, le conseiller de Louis XIII va être son confident depuis son enfance, Charles de Luynes. Mais il meurt en 1621. Des conseillers vont alors inciter le roi à prendre Richelieu comme nouveau conseiller. On s’oriente vers une monarchie bicéphale, fondée sur la double autorité du roi et de son ministre. Mais il y a un climat de méfiance ; Richelieu fait épier le roi par un de ses fidèles. Richelieu est un homme ambitieux, autant homme d’action que de réflexion. Deux points sont importants :

Sa politique envers les protestants. Sans chercher à les réduire totalement au silence, il a mené la guerre de la Rochelle contre eux, de juillet 1627 à octobre 1628.

Sa politique envers les nobles. Il a cherché à réduire à l’obéissance les grands seigneurs, avec notamment l’interdiction des duels.

C’est une période de guerres à l’étranger pour affirmer la domination de la France, ce qui implique de lourdes charges financières pour les seigneurs (qui sont alors doublement mécontentés, par les impôts et par l’interdiction du droit au duel). Les complots de cours vont donc se multiplier.

En 1644 meurt Richelieu. Louis XIII ne va lui survivre que pendant cinq mois, pendant lesquels il va prendre Mazarin pour ministre. Il prend des dispositions pour assurer la régence : il désigne un Conseil de Régence, constitué entre autres d’Anne d’Autriche, du prince de Condé, le frère du roi (« Monsieur »), de Mazarin et de trois autres personnalités.
III - LA RÉGENCE (1644-1654)
Anne d’Autriche y accède à 42 ans. Mazarin va réussir un des plus grands coups de théâtre de l’histoire de France en l’épousant secrètement (mais nous n’avons aucune preuve formelle que ce mariage ait bien eu lieu). Pendant cette Régence, Mazarin va régner sur la France, et va avoir un pouvoir encore plus grand que n’a eu Richelieu.

De 1648 à 1653, la France va traverser une période de troubles et de révoltes de la noblesse, la Fronde. La noblesse va trouver un certain écho dans la population en raison des circonstances économiques et sociales favorables (disette, baisse des salaires, passages incessants de soldats dans les villes et villages). Cependant, ce mouvement a échoué par manque de coordination et de cohérence idéologique. L’échec de la Fronde va consacrer le triomphe de Mazarin. Le pouvoir de la noblesse va désormais être réduit à néant.

Mazarin va se charger personnellement de l’éducation politique de Louis XIV, à la fois d’un point de vue théorique au cours d’entretiens, et d’un point de vue pratique en l’encadrant à la guerre et lors des séances du Conseil. Il va organiser son sacre à Reims le 7 juin 1654, et son mariage en 1661.

CONCLUSION
En littérature, cette période sera marquée par le courant baroque, la poésie burlesque, la préciosité, et une conception du héros tel qu’il est exalté dans le théâtre cornélien.

LE THÉÂTRE CORNÉLIEN


I - LES CARACTÉRISTIQUES DU THÉÂTRE DE CORNEILLE
Ce qui caractérise le théâtre de Corneille, c’est la mise en scène du héros cornélien, qui répond à l’idéal de grandeur de ce qu’on appelle le sublime.
C’est un héros soucieux de ce qu’il appelle sa gloire, dont il parle souvent et qui est la forme la plus haute de l’honneur. Le héros cornélien a une haute idée de lui-même ; c’est un théâtre fondé sur l’orgueil et la fierté des actes du héros. Ce héros veut réaliser l’idéal de lui-même, et il doit donc pouvoir être fier de lui et de ses actes. Les maîtres-mots du théâtre cornélien sont : devoir, gloire, estime et honneur.
Le conflit dans le théâtre de Corneille fait souvent s’opposer l’amour à la gloire. Les deux ont cependant un point commun : ils sont tous deux fondés sur l’estime (de soi ou d’autrui). Cf. le dilemme de Rodrigue : doit-il affronter celui qui a humilié son père et venger ce dernier, ou bien conserver Chimène ?
Pour se réaliser pleinement, le héros doit affronter des obstacles et surmonter des épreuves physiques, certes, mais aussi et surtout morales. C’est ce qui lui donne les moyens de faire preuve de sa grandeur d’âme et de susciter l’admiration.

Le théâtre cornélien ne tolère pas la demi-mesure. Les personnages sont soit des héros, soit des médiocres. Auguste, dans Cinna : « Je suis maître de moi comme de l’univers ». Et Rodrigue parvient à avoir le titre de Cid par sa bravoure militaire.
Paul Bénichou, dans Morale du Grand Siècle (éd. 10/18) définit ainsi le sublime cornélien : « [il] naît d’un mouvement particulier par lequel l’impulsion humaine, sans se nier ni se condamner, s’élève au-dessus de la nécessité ». Le héros cornélien doit donc se dépasser face à l’obstacle.
Le héros cornélien reflète ainsi les vieilles vertus féodales héritées de la chevalerie (la vaillance, l’honneur et le service courtois de la Dame). Il est donc l’incarnation des idéaux qui animent la noblesse pendant la première partie du XVII° siècle.
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