Cours de Sabine lardon, octobre 1996-février 1997





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IV - LES POÈTES GRANDS RHÉTORIQUEURS
On distingue deux générations :
1) Les poètes nés entre 1420 et 1440.
Jean Meschinot (qui a servi d’abord pour la maison de Bretagne, puis il s’est lié à la maison de Bourgogne avant de servir la duchesse Anne (future reine de France). Il a écrit Les Lunettes des princes.
Jean Molinet. Il n’a trouvé un protecteur, en la personne du Duc de Savoie, qu’à 32 ans. Il a ensuite servi pour Charles le Téméraire (cours de Bourgogne), puis à sa mort en 1477, il est passé au service de sa fille Marie, laquelle a épousé l’archiduc Maximilien (ils eurent une fille, Marguerite, destinée à être reine d’Autriche).

Jean Robertet, poète occasionnel.
2) Les poètes nés entre 1460 et 1470.
Octavien de Saint-Gelays (1468-1502). Il a été un Rhétoriqueur privilégié, il a vite trouvé un protecteur en la personne de Louis XI, son frère ayant des entrées à la cours.

Jean Lemaire de Belges (1473-1516). C’est un des seuls à avoir trouvé grâce aux yeux des poètes de la Pléiade. C’est le filleul et l’élève de Molinet ; toute sa vie, il s’est dit son disciple. Il a été au service de Marguerite d’Autriche et il a écrit pour elle trois de ses œuvres les plus célèbres : La Couronne Margaritique, les Épîtres de l’amant vert et les Regretz de la Dame infortunée.

Guillaume Cretin. On pense que c’est lui qui est la clef de Raminagrobis dans le Tiers-Livre de Rabelais.

Jean des Maretz dit Marot (1450-1526).

[ En complément de ce chapitre : analyse linéaire d’un extrait des Regretz de la Dame infortunée (1506) ].





PANORAMA DE LA RENAISSANCE :

LA FRANCE PENDANT LE PREMIER XVI° SIÈCLE


I - LA PROSPÉRITÉ ÉCONOMIQUE
1) La France occupe une place importante en Europe.
— C’est l’un des plus grands pays d’Europe en superficie. A l’époque, certaines régions n’étaient pas encore rattachées à la France (Flandre, Artois, Alsace, Comté, Savoie, et Roussillon).

— C’est le pays le plus peuplé des régions occidentales (entre 16 et 18 millions d’habitants).

— C’est un pays riche, pour deux raisons principales : on est en période de reconstruction (et donc de prospérité) après la guerre contre l’Angleterre, et on assiste également à un essor de la population. La France détient une richesse agricole (4/5 de la population sont paysans, c’est la première source d’activités). De plus, elle possède une richesse industrielle (deux industries nouvelles en plein essor : la verrerie et l’imprimerie). 1470 : installation du premier atelier d’imprimerie à Paris. 1473 : installation d’un atelier d’imprimerie à Lyon. 1500 : installation d’ateliers d’imprimerie dans toutes les grandes villes de France.
2) Essor des échanges.
a) Les activités terrestres.

Les échanges intérieurs augmentent (car la population urbaine augmente), et le rôle des banques se développe. La première conséquence est un changement social : la bourgeoisie s’affirme progressivement, face au déclin relatif de la petite aristocratie. Deuxième conséquence : les échanges culturels apparaissent (car si les denrées circulent, les idées circulent).
b) Les activités maritimes.

On assiste à un essor de l’activité maritime, car la mer représente un double enjeu : un enjeu économique avec les échanges (importations et exportations), mais aussi un enjeu politique lié à la découverte de nouvelles terres.

La France est en rivalité avec les pays ibériques (Espagne, Portugal), mais ces derniers sont en avance :

— 1492 : Christophe Colomb ouvre la porte aux conquêtes espagnoles : Cortez pour le Mexique, Pizarre pour le Pérou.

— 1497 : Vasco de Gama (Portugais) découvre la route des Indes et explore toutes les côtes du Brésil. Il ouvre la voie aux conquêtes portugaises.

— 1520 : Magellan découvre le détroit qui portera son nom, et il effectue le premier tour du monde.

— 1529 : Jean Ango le Dieppois (Français) atteint les Indes et prend de vitesse les portugais.

— 1523-1526 : Giovanni Verrazona explore la Caroline du Nord et reconnaît les côtes de l’Amérique du Nord pour le compte du roi de France.

— 1540 : Jacques Cartier tente une première implantation de colons au Canada, qui va échouer à cause de la rudesse du climat. Pendant cette période, François Ier a favorisé la conquête maritime, mais la France a encore du retard.
II - LA SITUATION POLITIQUE
1) La politique intérieure.
François Ier va poursuivre l’œuvre de ses prédécesseurs Louis XI et Louis XII dans le sens d’un renforcement du pouvoir royal. Ce pouvoir royal est un pouvoir absolu : le Conseil du roi possède le droit de trancher en dernier ressort, après le Parlement, ce qui confère au roi une autorité absolue en législation et en justice.

Le Conseil du roi est constitué des favoris du roi, qu’il peut nommer et renvoyer à sa guise. En fait, il n’y a réellement qu’un petit groupe de quatre ou cinq personnes qui gouverne. Grâce à un système très hiérarchisé, le roi peut étendre son pouvoir dans toutes les provinces.
2) La politique extérieure.
Il y a une rivalité avec Charles Quint (Habsbourg). Depuis 1437, l’empereur est élu ; l’élection va dépendre de l’argent qu’on peut avoir pour acheter des voix. En 1519, il y a de nouvelles élections, et trois rois vont se présenter :

— François Ier.

— Charles de Habsbourg (= Charles Quint), roi d’Aragon et de Castille, empereur du Saint Empire romain germanique, prince des Pays-Bas.

— Henri VIII, roi d’Angleterre, qui va démissionner car il n’a plus assez d’argent pour financer sa campagne.

Charles Quint est élu.

Pendant son règne, il y eut de nombreuses guerres (aux frontières de la Flandre contre les Anglais ; dans les Pyrénées ; et avec l’Italie).

III - LA RENAISSANCE CULTURELLE
1) Une époque de progrès et de découvertes.
Au XVI° siècle, il y a un certain optimisme qui régit la littérature. On a foi en l’homme, grâce au dynamisme culturel de l’époque et aux nouvelles découvertes :

— En navigation, avec l’invention des caravelles et la découverte de nouvelles terres.

— Dans le domaine scientifique dans deux domaines en particulier : la médecine (la connaissance en anatomie se précise grâce à la pratique de la dissection) et la chirurgie (avec Ambroise Paré).

— En astronomie avec Nicolas Coppernic (1473-1548), un chanoine polonais qui publie en 1543 De Revolutionibus orbium cœlestium. Sa théorie va amener une nouvelle conception de l’univers en substituant le système héliocentrique (planètes qui tournent autour du soleil) au système géocentrique (planètes qui tournent autour de la terre).

— Une invention très importante : l’imprimerie.
2) Le développement des connaissances.
Ce développement va être permis par l’imprimerie et par les Collèges (qui dispensent un niveau universitaire). Leur but est de promouvoir la culture humaniste en se dégageant des anciennes méthodes d’enseignement et de pensée médiévales, en particulier de la scolastique (voir cours sur l’humanisme). Des collèges sont fondés dans la plupart des grandes villes, et ils vont permettre l’accès de la bourgeoisie à la culture humaniste.

En 1530 est fondé le Collège Royal, également appelé Collège des Lecteurs Royaux (actuel Collège de France). Il a été créé par François Ier dans le but d’échapper au contrôle de la Sorbonne, la faculté de théologie. Ces collèges vont accueillir comme professeurs de brillants humanistes, comme Guillaume Budé.
3) De la Renaissance italienne à la Renaissance française.
La Renaissance italienne a eu lieu au XIV° siècle. En France, dès le XV° siècle, l’art italien commence à être connu. Il va avoir des conséquences sur l’art de la perspective et sur le décor à l’antique pour le théâtre. On redécouvre par ailleurs les auteurs antiques grecs et latins.

Mais ce sont surtout les guerres d’Italie qui vont permettre une réelle ouverture culturelle. Les français vont le découvrir dans les cours italiennes :

— nouvelle approche de la culture antique grecque et latine, sous l’influence de l’humanisme italien.

— la philosophie néoplatonicienne.

— la poésie pétrarquiste.

— l’art italien (peinture, sculpture, architecture).
Cette culture italienne va pénétrer en France sous l’impulsion successive des rois Charles VIII, Louis XII et François I­er, qui vont faire venir en France des artistes italiens. François Ier va ainsi recevoir des artistes aussi prestigieux que Le Titien et Léonard de Vinci. C’est à sa demande que Castiglione va écrire Le Courtisan.
L’influence italienne va être progressive :

— Jusqu’en 1520, le modèle italien est introduit progressivement et ponctuellement (ex : en architecture, lors de la rénovation d’un château).

— 1520-1540. Le modèle italien va s’imposer en France, à l’époque du règne de François Ier, dans tous les domaines. Des châteaux entiers sont construits sur le modèle italien (ex : Chambord, Fontainebleau).

— À partir de 1540, les artistes français vont toujours s’inspirer de l’art italien, mais ils aboutissent à un art plus personnel. C’est l’époque de l’épanouissement de la Renaissance, de la naissance du goût classique, de la naissance de l’École Lyonnaise et de la Pléiade, en poésie.

CONCLUSION
De 1490 à 1530, la France est un pays prospère, assez stable sur le plan politique, et dynamique sur la plan culturel.

Entre 1530 et 1540, cette période d’épanouissement de la Renaissance s’accompagne de certains signes de déclin : accroissement des tentions religieuses, problèmes économiques, guerres incessantes qui épuisent le pays, factions rivales à la cours du roi vieillissant...

Toute la seconde partie du XVI° siècle sera une période de violence et d’instabilité.
[En complément, étude du début du prologue du Tiers-Livre, de Rabelais].


L’HUMANISME


I - DÉFINITION PRÉLIMINAIRE
L’humanisme est une position philosophique centrée autour de l’homme, qu’elle valorise. L’humanisme croit en l’homme et en ses capacités, ce qui amène à une double valorisation de l’homme : valorisation de l’action d’une part, et de la culture d’autre part.

Le mot abstrait « humanisme » n’a été créé qu’au XIX° siècle par la critique allemande ; mais la notion concrète d’humanité, c’est-à-dire les études humanistes (studia humanitatis), existe depuis la fin du XIV° siècle, où elle a été employée par les premiers humanistes italiens qui l’avaient emprunté à Cicéron. Ce dernier désignait par studia humanitatis la culture générale, littéraire, historique, morale et philosophique indispensable à l’orateur.

L’humanisme va donc être indissociable d’une nouvelle conception de l’homme, qui suppose une éducation complète qui ne se limite pas aux belles-lettres, mais qui vise à former un homme accompli.

II - LES SOURCES DE L’HUMANISME FRANÇAIS
1) Le Moyen-Âge.
Le Moyen-Âge n’ignorait pas la culture antique. À l’époque, existait la scolastique, fondée sur l’œuvre d’Aristote et sa diffusion, en particulier de ses ouvrages de logique. Abélard va tirer d’Aristote les règles d’un nouveau système, l’exégèse (l’étude et l’interprétation des textes sacrés), qui va influencer tout l’enseignement médiéval. Cet enseignement se caractérise par :

— le développement de la grammaire et de la logique.

— le développement de la théologie.

— le développement de ce que l’on appelle les sommes (des manuels à prétention encyclopédique, qui enferment le monde dans un système rigide).

— une moindre part de contact avec les textes antiques, car ils sont abordés à travers des extraits. Ces textes établis à partir de versions antérieures, souvent imparfaites, sont entourées de gloses (commentaires en marge) qui en restreignent le sens. De plus, ces textes sont soumis dans leurs choix aux exigences de l’Église.
Au cours du XIV° siècle vont se développer des débats concernant l’opposition de la foi et de la raison. Or, ces débats sont menés selon des principes logiques (syllogismes) et portent sur des questions subtiles et pointillistes, dont Rabelais se moque.
2) Le pré-humanisme.
Il a lieu à la fin du Moyen-Âge, aux XIV° et XV° siècles. C’est un courant qui se rapproche de ce que sera l’humanisme, par l’étude de l’antiquité et de la littérature antique, ceci en particulier sous l’influence de l’humanisme italien.

Mais il s’écarte de l’humanisme de par sa méfiance vis-à-vis de l’homme — fragile par rapport à la puissance de Dieu — et de par sa méfiance par rapport à la littérature antique et païenne.
3) L’humanisme italien.
Il se développe au XIV° siècle, au moment de la Renaissance italienne, qui a lieu suite à l’essor économique et commercial des grandes villes italiennes comme Florence.

Durant le XV° siècle, les humanistes italiens seront des professeurs qui attireront des étudiants venus de toute l’Europe et qui permettront à l’humanisme de se diffuser.

III - L’HUMANISME À LA RENAISSANCE.
1) Les humanistes français.
Guillaume Fichet (1433-1480). C’est lui qui a introduit le premier atelier d’imprimerie parisien. Il fut le recteur de la faculté de Paris, et il a introduit le néoplatonisme en France.

Jacques Lefèvre d’Étaples (1450-1537). C’est un des grands noms de l’humanisme, et il s’est intéressé à beaucoup de choses. Il a traduit en latin les principaux ouvrages d’Aristote dégagés des gloses, et il a enseigné sa philosophie à l’université de Paris. Il a fréquenté l’Académie Platonicienne de Florence. Il s’est intéressé à des œuvres mystiques comme les Traités d’Hermès Trismégiste. C’est aussi un des grands noms de l’évangélisme, tout comme Érasme.

Guillaume Budé (1468-1540). Célèbre pour avoir inauguré en France l’étude du grec (qu’il apprend seul avec un réfugié grec). Il va introduire Plutarque et il va publier en 1529 des commentaires de la langue grecque. Il est réputé pour être le premier helléniste d’Europe et celui qui va participer à la fondation du Collège Royal.

— Érasme (1469-1536). D’origine hollandaise, c’est une figure-clé de l’humanisme européen de 1500 à 1520. Il a correspondu avec les grands intellectuels et souverains de l’époque. Son œuvre est importante, plusieurs sont à retenir : L’Éloge de la folie (éloge paradoxal, œuvre morale), et ses recueils d’exempla (exemplum : recueil de références antiques, ou de citations et de pensées, ou encore d’exemples tirés de la vie d’un homme célèbre, classés par thèmes), Les Adages et Les Colloques.

Étienne Dolet (1509-1546) et Henri Estienne (1531-1598) sont des imprimeurs, qui ont un impact important à l’époque.

2) Le problème de l’enseignement du grec.
Il a été pendant longtemps négligé en Europe, pendant tout le Moyen-Âge. Il recommence à être étudié en France au début du XVI° siècle.

Au début, il n’est enseigné que par quelques humanistes étrangers de passage en France, et surtout par un exilé byzantin installé en France, Georges Hermonyme, qui a eu pour élèves Budé, Érasme et Lefèvre d’Étaples.

En 1530 est créé le Collège des Lecteurs Royaux, où va enseigner Vatable (Marot aurait suivi ses cours).

À partir de 1544, Dorat va enseigner le grec au Collège Coqueret, et notamment aux futurs auteurs de la Pléiade (Ronsard, Du Bellay, etc.).
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