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LA RELATION D'OBJET 56-57

ET LES STRUCTURES FREUDIENNES J. LACAN
SÉMINAIRE 1956-1957 -

Publication hors commerce. Document interne à l'Association Freudienne et destiné à ses membres.

1. Leçon du 21 novembre 1956 page 1

2. Leçon du 28 novembre 1956 page 14

3. Leçon du 5 décembre 1956 page 27

4. Leçon du 12 décembre 1956 page 42

5. Leçon du 19 décembre 1956 page 57

6. Leçon du 9 janvier 1957 page 71

7. Leçon du 16 janvier 1957 page 85

8. Leçon du 23 janvier 1957 page 102

9. Leçon du 30 janvier 1957 page 117

10. Leçon du 6 février 1957 page 128

11. Leçon du 27 février 1957 page 141

12. Leçon du 6 mars 1957 page 156

13. Leçon du 13 mars 1957 page 171

14. Leçon du 20 mars 1957 page 185

15. Leçon du 27 mars 1957 page 200

16. Leçon du 3 avril 1957 page 218

17. Leçon du 10 avril 1957 page 233

18. Leçon du 8 mai 1957 page 248

19. Leçon du 15 mai 1957 page 260

20. Leçon du 22 mai 1957 page 274

21. Leçon du 5 juin 1957 page 288

22. Leçon du 19 juin 1957 page 305

23. Leçon du 26 juin 1957 page 321

24.Leçon du 3 juillet 1957 page 340

1 - LEÇON DU 21 NOVEMBRE 1956
Nous parlerons cette année d'un sujet qui n'est pas, dans ce qu'on appelle l'évolution historique de la psychanalyse, sans prendre d'une façon articulée ou non, une position tout à fait centrale dans la théorie et la pratique. Ce sujet, c'est la relation d'objet.
Pourquoi ne l'ai-je pas choisi, ce sujet déjà actuel, déjà premier, déjà central, déjà critique, quand nous avons commencé ces séminaires ? Précisément pour la raison qui motive la deuxième partie de mon titre, c'est-à-dire parce qu'il ne peut être traité qu'à partir d'une certaine idée, d'un certain recul pris sur la question de ce que Freud nous a montré comme constituant les structures dans lesquelles l'analyse se déplace, dans lesquelles elle opère, et tout spécialement la structure complexe de la relation entre les deux sujets en présence dans l'analyse : l'analysé et l'analyste.

C'est ce à quoi par ces trois années de commentaires des textes de Freud, de critiques, portant la première année sur ce qu'on peut appeler les éléments mêmes de la conduite technique, c'est-à-dire de la notion de transfert et la notion de résistance, la deuxième année sur ce qu'il faut bien dire être le fond de l'expérience et de la découverte freudienne, à savoir ce qu'est à proprement parler la notion de l'inconscient - dont je crois vous avoir assez montré dans cette deuxième année que cette notion de l'inconscient est cela même qui a nécessité pour Freud l'introduction des principes littéralement paradoxaux sur le plan purement dialectique que Freud était amené à introduire dans le total du principe de plaisir - enfin au cours de la troisième année, je vous ai donné un exemple manifeste de l'absolue nécessité d'isoler cette articulation essentielle du symbolique qui s'appelle le signifiant, pour comprendre analytiquement par­lant quelque chose à ce qui n'est autre que le champ proprement paranoïaque des psychoses.
Nous voici donc armés d'un certain nombre de termes qui ont abouti à certains schémas, dont la spatialité n'est absolument pas à prendre au sens intuitif du terme de schéma, qui ne comportent pas de localisation mais qui comportent d'une façon tout à fait légitime une spatialisation - au sens où spatialisation implique rapport de lieu, rapport topologique, interposition par exemple ou succession, séquence. Un de ces schémas où culmine tout ce à quoi nous avons abouti après ces années de critique, c'est le schéma que nous pourrons appeler par définition par opposition, celui qui inscrit le rapport du Sujet à l'Autre en tant qu'il est au départ dans le rapport naturel tel qu'il est constitué au départ de l'analyse, rapport virtuel, rapport de paroles virtuelles, par quoi c'est de l'Autre que le Sujet reçoit sous la forme d'une parole inconsciente, son propre message.

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Ce propre message qui lui est interdit, est pour lui déformé, arrêté, capté, profondément méconnu par cette interposition de la relation imaginaire entre l'a et l'a', c'est-à-dire de ce rapport qui existe précisément entre ce moi et cet autre qu'est l'objet typique du moi, c'est-à-dire en tant que la relation imaginaire interrompt, ralentit, inhibe, inverse le plus souvent et profondément méconnaît par une relation essentiellement aliénée le rapport de parole entre le Sujet et l'Autre , le grand Autre, en tant qu'il est un autre Sujet, en tant que par excel­lence il est sujet capable de tromper.

Voici donc à quel schéma nous sommes arrivés, et vous voyez bien que ce n'est pas quelque chose qui n'est pas au moment où nous l'avons reposé à l'intérieur analytique, tel que, de plus en plus, un plus grand nombre d'analystes la formulent, alors que nous allons remettre en cause cette prévalence dans la théorie analytique de la relation d'objet, si l'on peut dire non commentée, de la relation d'objet primaire, de la relation d'objet comme venant prendre dans la théorie analytique la place centrale, comme venant recentrer toute la dialectique du principe de plaisir, du principe de réalité, comme venant fonder tout le progrès analytique autour de ce que l'on peut appeler une rectification du rapport du Sujet à l'objet, considérée comme une relation duelle, une relation, nous dit-on encore quand on parle de la situation analytique, excessivement simple, cette relation du Sujet à l'objet qui tend de plus en plus à occuper le centre de la théorie analytique.

C'est cela même que nous allons mettre à l'épreuve. Nous allons voir si on peut - à partir de quelque chose qui dans notre schéma se rapporte pré­cisément à la ligne a-a’ construire d'une façon satisfaisante l'ensemble des phénomènes offerts à notre observation, à notre expérience analytique, si cet instrument à lui tout seul peut permettre de répondre des faits, si en d'autres termes le schéma plus complexe que nous avons proposé doit être négligé, voire écarté.
Que la relation d'objet soit devenue, au moins en apparence, l'élément théorique premier dans l'explication de l'analyse, je crois que je vous en donnerai un témoignage suivi - non pas précisément en vous indiquant de vous pénétrer de ce qu'on peut appeler une sorte d'ouvrage collectif1 récemment paru, pour lequel en effet le terme collectif s'applique particulièrement bien.

Vous y verrez d'un bout à l'autre la mise en valeur d'une façon peut-être pas toujours particulièrement satisfaisante dans le sens de l'articulé, mais assu­rément dont la monotonie, l'uniformité est tout à fait frappante, vous y verrez promue cette relation d'objet donnée expressément dans un des articles qui s'appelle Evolution de la psychanalyse2, et comme dernier terme de cette

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évolution vous y verrez dans l'article Clinique psychanalytique1 une façon de présenter la clinique elle-même, toute entière centrée sur cette relation d'objet. Peut-être même en donnerai-je quelques idées auxquelles peut parvenir une telle présentation.
Assurément, l'ensemble est tout à fait frappant, c'est autour de la relation d'objet que ceux qui pratiquent l'analyse essayent d'ordonner leurs esprits, la compréhension qu'ils peuvent avoir de leur propre expérience - aussi ne nous semble-t-elle pas devoir leur donner une satisfaction pleine et entière. Mais d'un autre côté, ceci n'oriente, ne pénètre très profondément leur pratique, que de concevoir leur propre expérience dans ce registre ne soit quelque chose qui n'ait vraiment - des conséquences dans les modes mêmes de leur intervention, dans l'orientation donnée à l'analyse, et du même coup dans ses résultats. C'est ce que l'on peut méconnaître à simplement lire, commenter, alors qu'on a toujours dit que la théorie analytique et la pratique ne peuvent se séparer, se dissocier l'une de l'autre. Dès lors qu'on la conçoit dans un certain sens, il est inévitable qu'on la mène également dans un certain sens, si le sens théorique et les résultats pratiques ne peuvent être de même qu'aperçus.
Pour introduire la question de la relation d'objet, de la légitimité, du non fondé de sa situation comme centrale dans la théorie analytique, il faut que je vous rappelle brièvement tout au moins, ce que cette notion doit ou ne doit pas à Freud lui-même. Je le ferai non seulement parce que c'est là en effet une sorte de guide, presque de limitation technique que nous nous sommes imposés ici de partir du commentaire freudien, et de même ai-je senti cette année quelques interrogations, sinon inquiétudes, de savoir si j'allais ou non partir des textes freudiens, mais il est très difficile de partir à propos de la relation d'objet des textes de Freud eux-mêmes, parce qu'elle n'y est pas. Je parle bien entendu de quelque chose qui est très formellement affirmé ici comme une dévia­tion de la théorie analytique.
Il faut donc bien que je parte de textes récents, et que du même coup je parte d'une certaine critique de ces positions. Mais que nous devions nous référer en fin de compte aux positions freudiennes, par contre ceci n'est pas douteux et du même coup nous ne pouvons pas ne pas évoquer, ne serait-ce que très rapidement, ce qui dans les thèmes proprement freudiens fondamentaux, tourne autour de la notion même d'objet.

A notre départ nous ne pourrons pas le faire d'une façon développée, je vais essayer de le faire aussi rapidement que possible. Bien entendu, ceci implique que c'est précisément ce que nous devrons de plus en plus à la fin reprendre, développer, retrouver et articuler.
Je veux donc simplement vous rappeler d'une façon brève, et qui ne serait même pas concevable s'il n'y avait pas derrière nous ces trois années de

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collaboration d'analyse de textes, si vous n'aviez pas déjà avec moi rencontré sous des formes diverses ce thème de l'objet.


Dans Freud on parle bien entendu d'objet, la division des Trois essais sur la sexualité s'appelle précisément la recherche, ou plus exactement la trou­vaille de l'objet. On parle de l'objet d'une façon implicite chaque fois qu'entre en jeu la notion de réalité. On en parle encore d'une troisième façon chaque fois qu'est impliquée l'ambivalence de certaines relations fondamentales, à savoir le fait que le sujet se fait objet pour l'autre, qu'il y a un certain type de relation dans lequel la réciprocité pour le sujet d'un objet est patente et même consti­tuante. Je voudrais mettre l'accent d'une façon plus appuyée sur les trois modes sous lesquels nous apparaissent ces notions relatives à l'objet.
C'est pourquoi je fais allusion à l'un des points où dans Freud nous pouvons nous référer pour prouver, articuler la notion d'objet. Si vous vous reportez à ce chapitre des Trois essais sur la sexualité, vous y verrez quelque chose qui est déjà là depuis l'époque où ceci n'a été publié que par une sorte d'accident historique, Freud non seulement ne tenait pas à ce qu'on le publie, mais qui a été en somme publié contre sa volonté. Néanmoins nous trouvons la même formule à propos de l'objet dès cette première esquisse de sa psychologie. Freud insiste sur ceci, que toute façon pour l'homme de trouver l'objet est, et n'est jamais que la suite d'une tendance où il s'agit d'un objet perdu, d'un objet qu’il s'agit de retrouver. L'objet n'est pas considéré, comme dans la théorie moderne, comme étant pleinement satisfaisant, l'objet typique, l'objet par excel­lence, l'objet harmonieux, l'objet qui fonde l'homme dans une réalité adéquate, dans la réalité qui prouve la maturité, le fameux objet génital.

II est tout à fait frappant de voir qu'au moment où Freud fait la théorie de l'évolution instinctuelle telle qu'elle se dégage des premières expériences analytiques, il nous l'indique comme étant saisie par la voie d'une recherche de l'objet perdu.

Cet objet correspond à un certain stade avancé de la maturation des ins­tincts, c'est l'objet retrouvé du premier sevrage, l'objet précisément qui a été d'abord le point attache des premières satisfactions de l'enfant, c'est un objet retrouver. Il est bien clair que la discordance instaurée par le seul fait que ce terme de la répétition - ce terme d'une nostalgie qui lie le sujet à l'objet perdu et à travers laquelle s'exerce tout l'effort de la recherche et qui marque la retrou­vaille du signe d'une répétition impossible puisque précisément ce n'est pas le même objet, ça ne saurait l'être, la primauté de cette dialectique qui met au centre de la relation du sujet-objet une tension foncière qui fait que ce qui est recherché n'est pas recherché au même titre que ce qui sera trouvé, que c'est à travers la recherche d'une satisfaction passée et dépassée que le nouvel objet est recherché et trouvé et saisi ailleurs qu'au point où il est cherché - la foncière distance qui est introduite par l'élément essentiellement conflictuel qu'il y a dans toute recherche de objet, c'est la première forme sous laquelle dans Freud apparaît cette notion de la relation d'objet.

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Je dirais que c'est à mal l'articuler dans les termes qui seraient philo­sophiquement élaborés, qu'il faudrait ici nous résoudre pour donner son plein accent à ce qu'ici je souligne - je ne le fais pas intentionnellement, je le réserve pour notre retour sur ce terme, pour ceux pour qui ces termes ont déjà un sens de par certaines connaissances philosophiques - toute la distance de la relation du sujet à l'objet dans Freud, par rapport à ce qui le précède dans une certaine conception de l'objet comme étant l'objet adéquat, comme étant l'objet attendu d'avance, coapté à la maturation du sujet.

Toute cette distance est déjà impliquée dans ce qui oppose une perspective platonicienne - celle qui fonde toute appréhension, toute reconnaissance sur la réminiscence d'un type en quelque sorte préformé - à une notion profondément différente, de toute la distance qu'il y a entre l'expérience moderne et l'expérience antique, celle qui est donnée dans Kierkegaard sous le registre de la répétition, cette répétition toujours cherchée, essentiellement jamais satisfaite en tant qu'elle est de par sa nature non point jamais réminiscence, mais toujours répétition comme telle, donc impossible à assouvir. C'est dans ce registre que se situe la notion de retrouver l'objet perdu dans Freud.

Nous retiendrons ce texte, il est essentiel qu'il suffise dans le premier rapport que Freud fait de la notion d'objet.
Bien entendu, c'est essentiellement sur une notion d'un rapport profon­dément conflictuel du sujet avec son monde, que les choses se posent et se précisent.

Comment en serait-il autrement puisque déjà à cette époque c'est essen­tiellement de l'opposition entre principe de réalité et principe de plaisir qu'il s'agit ? Que si principe de réalité et principe de plaisir ne sont pas détachables l'un de l'autre, je dirais plus, s'impliquent et s'incluent l'un à l'autre dans un rapport dialectique - si bien que comme Freud l'a toujours institué, le principe de réalité n'est constitué que par ce qui est imposé pour sa satisfaction au principe de plaisir, il n'en est en quelque sorte que le prolongement - si inver­sement le principe de réalité implique dans sa dynamique et dans sa recherche fondamentale la tension fondamentale du principe du plaisir, il n'en reste pas moins qu'entre les deux - et c'est l'essentiel de ce qu'apporte la théorie freudienne - il y a une béance qu'il n'y aurait pas lieu de distinguer s'ils étaient l'un sim­plement à la suite de l'autre, que le principe du plaisir tend à se réaliser en formation profondément irréaliste, que le principe de réalité implique l'existence d'une organisation, d'une structuration autonome différente et qui comporte que ce qu'elle saisit peut être justement quelque. chose de fondamentalement différent de ce qui est désiré.

C'est dans ce rapport qui lui-même introduit dans sa dialectique même du sujet et de l'objet un autre terme, un terme qui est ici posé comme irré­ductible, de même que l'objet tout à l'heure était quelque chose qui était fondé dans ses exigences primordiales comme quelque chose qui est toujours voué à un retour, et par là même voué à un retour impossible, de même dans l'op­position principe de réalité et principe du plaisir, nous avons la notion d'une opposition foncière entre la réalité et ce qui est recherché par la tendance.

En d'autres termes la notion que la satisfaction du principe du plaisir, en tant qu'elle est toujours latente, sous-jacente à tout exercice de la création du

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monde, est quelque chose qui toujours plus ou moins tend à se réaliser dans une forme plus ou moins hallucinée, que la possibilité fondamentale de cette organisation qui est celle sous-jacente au moi, celle de la tendance du sujet comme tel est de se satisfaire dans une réalisation irréelle, dans une réalisation hallucinatoire, voilà l'autre terme sur lequel Freud met puissamment 1’accent, et ceci dès la Science des rêves, dès la
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