Recherches 02 lacan textes et conferences





télécharger 1.54 Mb.
titreRecherches 02 lacan textes et conferences
page7/23
date de publication19.04.2017
taille1.54 Mb.
typeRecherche
l.20-bal.com > comptabilité > Recherche
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10   ...   23
a) pour ce qui l’obture de l’objet qu’on reconnaît sous la fonction approchée de la relation prégénitale. (C’est elle que le cas Alcibiade se trouve annuler : ce que connote la mutilation des Hermès.)

La structure ainsi abrégée vous permet de vous faire idée de ce qui se passe au terme de la relation du transfert, soit : quand le désir s’étant résolu qui a soutenu dans son opération le psychanalysant, il n’a plus envie à la fin d’en lever l’option, c’est-à-dire le reste qui comme déterminant sa division, le fait déchoir de son fantasme et le destitue comme sujet.

Voilà-t-il pas le grand motus qu’il nous faut garder entre nous, qui en prenons, psychanalystes, notre suffisance, alors que la béatitude s’offre au-delà de l’oublier nous-même ?

N’irions-nous à l’annoncer, décourager les amateurs ? La destitution subjective inscrite sur le ticket d’entrée…, n’est-ce point provoquer l’horreur, l’indignation, la panique, voire l’attentat, en tout cas donner le prétexte à objection de principe ?

Seulement faire interdiction de ce qui s’impose de notre être, c’est nous offrir à un retour de destinée qui est malédiction. Ce qui est refusé dans le symbolique, rappelons-en le verdict lacanien, reparaît dans le réel.

Dans le réel de la science qui destitue le sujet bien autrement dans notre époque, quand seuls ses tenants les plus éminents, un Oppenheimer, s’en affolent.

Voilà où nous démissionnons de ce qui nous fait responsables, à savoir : la position où j’ai fixé la psychanalyse dans sa relation à la science, celle d’extraire la vérité qui lui répond en des termes dont le reste de voix nous est alloué.

De quel prétexte abritons-nous ce refus, quand on sait bien (24)quelle insouciance protège vérité et sujets tout ensemble, et qu’à promettre aux seconds la première, cela ne fait ni chaud ni froid qu’à ceux qui déjà en sont proches.

Parler de destitution subjective n’arrêtera jamais l’innocent, qui n’a de loi que son désir.

Nous n’avons de choix qu’entre affronter la vérité ou ridiculiser notre savoir.

 

Cette ombre épaisse à recouvrir ce raccord dont ici je m’occupe, celui où le psychanalysant passe au psychanalyste, voilà ce que notre École peut s’employer à dissiper.

Je n’en suis pas plus loin que vous dans cette œuvre qui ne peut être menée seul, puisque la psychanalyse en fait l’accès.

Je dois me contenter ici d’un flash ou deux à la précéder.

À l’origine de la psychanalyse, comment ne pas rappeler ce que, d’entre nous, a fait enfin Mannoni, que le psychanalyste, c’est Fliess, c’est-à-dire le médicastre, le chatouilleur de nez, l’homme à qui se révèle le principe mâle et le femelle dans les nombres 21, 28, ne vous en déplaise, bref ce savoir que le psychanalysant, Freud le scientiste, comme s’exprime la petite bouche des âmes ouvertes à l’œcuménisme, rejette de toute la force du serment qui le lie au programme d’Helmholtz et de ses complices.

Que cet article ait été donné à une revue qui ne permettait guère que le terme du : « sujet supposé savoir » y parût autrement que perdu au milieu d’une page, n’ôte rien au prix qu’il peut avoir pour nous.

En nous rappelant « l’analyse originelle », il nous remet au pied de la dimension de mirage où s’assoit la position du psychanalyste et nous suggère qu’il n’est pas sûr qu’elle soit réduite tant qu’une critique scientifique n’aura pas été établie dans notre discipline.

Le titre prête à la remarque que la vraie originelle ne peut être que la seconde, de constituer la répétition qui de la première fait un acte, car c’est elle qui y introduit l’après-coup propre au temps logique, qui se marque de ce que le psychanalysant est passé au psychanalyste. (je veux dire Freud lui-même qui sanctionne là de n’avoir pas fait une auto-analyse.)

Je me permets en outre de rappeler à Mannoni que la scansion du temps logique inclut ce que j’ai appelé le moment de comprendre, (25)justement de l’effet produit (qu’il reprenne mon sophisme) par la non-compréhension, et qu’à éluder en somme ce qui fait l’âme de son article il aide à ce qu’on comprenne à-côté.

Je rappelle ici que le tout-venant que nous recrutons sur la base de « comprendre ses malades », s’engage sur un malentendu qui n’est pas sain comme tel.

 

Flash maintenant où nous en sommes. Avec la fin de l’analyse hypomaniaque, décrite par notre Balint comme le dernier cri, c’est le cas de le dire, de l’identification du psychanalysant à son guide, – nous touchons la conséquence du refus dénoncé plus haut (louche refus : Verleugnung ?), lequel ne laisse plus que le refuge du mot d’ordre, maintenant adopté dans les sociétés existantes, de l’alliance avec la partie saine du moi, laquelle résout le passage à l’analyste, de la postulation chez lui de cette partie saine au départ. À quoi bon dès lors son passage par l’expérience.

Telle est la position des sociétés existantes. Elle rejette notre propos dans un au-delà de la psychanalyse.

Le passage du psychanalysant au psychanalyste, a une porte dont ce reste qui fait leur division est le gond, car cette division n’est autre que celle du sujet, dont ce reste est la cause.

Dans ce virage où le sujet voit chavirer l’assurance qu’il prenait de ce fantasme où se constitue pour chacun sa fenêtre sur le réel, ce qui s’aperçoit, c’est que la prise du désir n’est rien que celle d’un désêtre.

En ce désêtre se dévoile l’inessentiel du sujet supposé savoir, d’où le psychanalyste à venir se voue à l’ galma de l’essence du désir, prêt à le payer de se réduire, lui et son nom, au signifiant quelconque.

Car il a rejeté l’être qui ne savait pas la cause de son fantasme, au moment même où enfin ce savoir supposé, il l’est devenu.

« Qu’il sache de ce que je ne savais pas de l’être du désir, ce qu’il en est de lui, venu à l’être du savoir, et qu’il s’efface ». Sicut palea, comme Thomas dit de son œuvre à la fin de sa vie, – comme du fumier.

Ainsi l’être du désir rejoint l’être du savoir pour en renaître à ce (26)qu’ils se nouent en une bande faite du seul bord où s’inscrit un seul manque, celui que soutient l’ galma.

La paix ne vient pas aussitôt sceller cette métamorphose où le partenaire s’évanouit de n’être plus que savoir vain d’un être qui se dérobe.

Touchons là la futilité du terme de liquidation pour ce trou où seulement se résout le transfert. Je n’y vois, contre l’apparence, que dénégation du désir de l’analyste.

Car qui, à apercevoir les deux partenaires jouer comme les deux pales d’un écran tournant dans mes dernières lignes, ne peut saisir que le transfert n’a jamais été que le pivot de cette alternance même.

Ainsi de celui qui a reçu la clef du monde dans la fente de l’impubère, le psychanalyste n’a plus à attendre un regard, mais se voit devenir une voix.

Et cet autre qui, enfant, a trouvé son représentant représentatif dans son irruption à travers le journal déployé dont s’abritait le champ d’épandage des pensées de son géniteur, renvoie au psychanalyste l’effet d’angoisse où il bascule dans sa propre déjection.

Ainsi la fin de la psychanalyse garde en elle une naïveté, dont la question se pose si elle doit être tenue pour une garantie dans le passage au désir d’être psychanalyste.

D’où pourrait donc être attendu un témoignage juste sur celui qui franchit cette passe, sinon d’un autre qui, comme lui, l’est encore, cette passe, à savoir en qui est présent à ce moment le désêtre où son psychanalyste garde l’essence de ce qui lui est passé comme un deuil, sachant par là, comme tout autre en fonction de didacticien, qu’à eux aussi ça leur passera.

Qui pourrait mieux que ce psychanalysant dans la passe, y authentifier ce qu’elle a de la position dépressive ? Nous n’éventons là rien dont on se puisse donner les airs, si on n’y est pas.

C’est ce que je vous proposerai tout à l’heure comme l’office à confier pour la demande du devenir analyste de l’École à certains que nous y dénommerons : passeurs.

Ils auront chacun été choisi par un analyste de l’École, celui qui peut répondre de ce qu’ils sont en cette passe ou de ce qu’ils y soient revenus, bref encore liés au dénouement de leur expérience personnelle.

C’est à eux qu’un psychanalysant, pour se faire autoriser comme (27)analyste de l’École, parlera de son analyse, et le témoignage qu’ils sauront accueillir du vif même de leur propre passé sera de ceux que ne recueille jamais aucun jury d’agrément, La décision d’un tel jury en serait donc éclairée, ces témoins bien entendu n’étant pas juges.

Inutile d’indiquer que cette proposition implique une cumulation de l’expérience, son recueil et son élaboration, une sériation de sa variété, une notation de ses degrés.

Qu’il puisse sortir des libertés de la clôture d’une expérience, c’est ce qui tient à la nature de l’après-coup dans la signifiance.

De toute façon cette expérience ne peut pas être éludée. Ses résultats doivent être communiqués : à l’École d’abord pour critiques, et corrélativement mis à portée de ces sociétés qui, tout exclus qu’elles nous aient faits, n’en restent pas moins notre affaire.

Le jury fonctionnant ne peut donc s’abstenir d’un travail de doctrine, au-delà de son fonctionnement de sélecteur.

 

Avant de vous en proposer une forme, je veux indiquer que conformément à la topologie du plan projectif, c’est à l’horizon même de 1a psychanalyse en extension, que se noue le cercle intérieur que nous traçons comme béance de la psychanalyse en intension.

Cet horizon, je voudrais le centrer de trois points de fuite perspectifs, remarquables d’appartenir chacun à l’un des registres dont la collusion dans l’hétérotopie constitue notre expérience.

 

Dans le symbolique, nous avons le mythe œdipien.

Observons par rapport au noyau de l’expérience sur lequel nous venons d’insister, ce que j’appellerai techniquement la facticité de ce point. Il relève en effet d’une mythogénie, dont on sait qu’un des constituants est sa redistribution. Or l’Œdipe, d’y être ectopique (caractère souligné par un Kroeber), pose un problème.

L’ouvrir permettrait de restaurer, à la relativer même, sa radicalité dans l’expérience.

Je voudrais éclairer ma lanterne simplement de ceci que, retirez l’Œdipe, et la psychanalyse en extension, dirai-je, devient tout entière justiciable du délire du président Schreber.

(28)Contrôlez-en la correspondance point par point, certainement pas atténuée depuis que Freud l’a notée en n’en déclinant pas l’imputation. Mais laissons ce que mon séminaire sur Schreber a offert à ceux qui pouvaient l’entendre.

Il y a d’autres aspects de ce point relatifs à nos rapports à l’extérieur, ou plus exactement à notre extraterritorialité, – terme essentiel en l’Écrit, que je tiens pour préface à cette proposition.

Observons la place que tient l’idéologie œdipienne pour dispenser en quelque sorte la sociologie depuis un siècle de prendre parti, comme elle dut le faire avant, sur la valeur de la famille, de la famille existante, de la famille petite-bourgeoise dans la civilisation, – soit dans la société véhiculée par la science. Bénéficions-nous ou pas de ce que là nous couvrons à notre insu ?

 

Le second point est constitué par le type existant, dont la facticité cette fois est évidente, de l’unité : société de psychanalyse, en tant que coiffée par un exécutif à l’échelle internationale.

Nous l’avons dit, Freud l’a voulu ainsi, et le sourire gêné dont il rétracte le romantisme de la sorte de Komintern clandestin auquel il a d’abord donné son blanc-seing (cf. Jones, cité dans mon Écrit), ne fait que mieux le souligner.

La nature de ces sociétés et le mode sur lequel elles obtempèrent, s’éclaire de la promotion par Freud de l’Église et de l’Armée comme modèles de ce qu’il conçoit comme la structure du groupe. (C’est par ce terme en effet qu’il faudrait traduire aujourd’hui Masse de sa Massenpsychologie.)

L’effet induit de la structure ainsi privilégiée s’éclaire encore d’y ajouter la fonction dans l’Église et dans l’Armée du sujet supposé savoir. Étude pour qui voudra l’entreprendre : elle irait loin.

À s’en tenir au modèle freudien, apparaît de façon éclatante la faveur qu’en reçoivent les identifications imaginaires, et du même coup la raison qui enchaîne la psychanalyse en intension à y limiter sa considération, voire sa portée.

Un de mes meilleurs élèves en a fort bien reporté le tracé sur l’Œdipe lui-même en définissant la fonction du Père idéal.

Cette tendance, comme on dit, est responsable de la relégation au point d’horizon précédemment défini de ce qui est qualifiable œdipien dans l’expérience.

 

(29)La troisième facticité, réelle, trop réelle, assez réelle pour que le réel soit plus bégueule à le promouvoir que la langue, c’est ce que rend parlable le terme du : camp de concentration, sur lequel il nous semble que nos penseurs, à vaguer de l’humanisme à la terreur, ne se sont pas assez concentrés.

Abrégeons à dire que ce que nous en avons vu émerger, pour notre horreur, représente la réaction de précurseurs par rapport à ce qui ira en se développant comme conséquence du remaniement des groupements sociaux par la science, et nommément de l’universalisation qu’elle y introduit.

Notre avenir de marchés communs trouvera sa balance d’une extension de plus en plus dure des procès de ségrégation.

Faut-il attribuer à Freud d’avoir voulu, vu son introduction de naissance au modèle séculaire de ce processus, assurer en son groupe le privilège de la flottabilité universelle dont bénéficient les deux institutions susnommées ? Ce n’est pas impensable.

Quoi qu’il en soit, ce recours ne rend pas plus aisé au désir du psychanalyste de se situer dans cette conjoncture.

Rappelons que si l’I.P.A. de la Mitteleuropa a démontré sa préadaptation à cette épreuve en ne perdant dans les dits camps pas un seul de ses membres, elle a dû à ce tour de force de voir se produire après la guerre une ruée, qui n’était pas sans avoir sa doublure de rabattage (cent psychanalystes médiocres, souvenons-nous), de candidats dans l’esprit desquels le motif de trouver abri contre la marée rouge, fantasme d’alors, n’était pas absent.

Que la « coexistence », qui pourrait bien elle aussi s’éclairer d’un transfert, ne nous fasse pas oublier un phénomène qui est une de nos coordonnées géographiques, c’est le cas de le dire, et dont les bafouillages sur le racisme masquent plutôt la portée.

 

u

 

La fin de ce document précise le mode sous lequel pourrait être introduit ce qui ne tend, en ouvrant une expérience, qu’à rendre enfin, véritables les garanties recherchées.

On les y laisse sans partage aux mains de ceux qui ont de l’acquis.

On n’oublie pas pourtant qu’ils sont ceux qui ont le plus pâti (30)des épreuves imposées par le débat avec l’organisation existante.

Ce que doivent le style et les fins de cette organisation au black-out porté sur la fonction de la psychanalyse didactique, est évident dès qu’un regard y est permis : d’où l’isolement dont elle se protège elle-même.

Les objections qu’a rencontrées notre proposition, ne relèvent pas dans notre École d’une crainte aussi organique.

Le fait qu’elles se soient exprimées sur un thème motivé, mobilise déjà l’autocritique. Le contrôle des capacités n’est plus ineffable, de requérir de plus justes titres.

C’est à une telle épreuve que l’autorité se fait reconnaître.

Que le public des techniciens sache qu’il ne s’agit pas de la contester, mais de l’extraire de la fiction.

L’École freudienne ne saurait tomber dans le tough sans humour d’un psychanalyste que je rencontrai à mon dernier voyage aux U.S.A. « Ce pourquoi je n’attaquerai jamais les formes instituées, me dit-il, c’est qu’elles m’assurent sans problème d’une routine qui fait mon confort ».

J.L.
[1]. Ce qu’on appelle d’ordinaire : le psychanalysé, par anticipation.

 
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10   ...   23

similaire:

Recherches 02 lacan textes et conferences iconRecherches lacan textes et conferences 01
«esprit de naturaliste» qui anime la psychiatrie française à l’esprit de spéculation sur l’essence, qui marque la tradition allemande...

Recherches 02 lacan textes et conferences iconRecherches : lacan lettres et traductions

Recherches 02 lacan textes et conferences iconRecherches à faire (textes/iconographie) : Babel, Babylone, Sodome...
«Poches Classiques». Le reste du corpus est fourni sous forme de photocopies (13 textes X 2)

Recherches 02 lacan textes et conferences iconA. Éditions de textes et traductions
...

Recherches 02 lacan textes et conferences iconRésumé de la communication (Laurence Marie)
«Modalités et enjeux de l’insertion du spectateur dans les textes dramatiques», avec S. Marchand, en ligne sur le site du Centre...

Recherches 02 lacan textes et conferences iconSynopsis : / Un anti-Lacan

Recherches 02 lacan textes et conferences iconSylvie lacan – Lycée Professionnel Jean Perrin – Saint Cyr l’Ecole

Recherches 02 lacan textes et conferences iconEssais et conférences

Recherches 02 lacan textes et conferences iconCycle de conferences

Recherches 02 lacan textes et conferences iconLacan
«Colloques philosophiques internationaux», sous le titre de «La dialectique», Jean wahl nous y invitant





Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.20-bal.com