I. Construction psychique : Genèse de la pensée et de la représentation 2





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B.Théories de l’apprentissage

1.Le Behaviorisme


La théorie béhavioriste d'apprentissage durant les années 70-80, réduit ce processus à une association répétée, jusqu'à son efficace mémorisation, aboutissant à l'automatisme de la réaction attendue.

Les premiers manuels d’apprentissage du français pour migrants, imprégnés de cette conception bornée, se limitaient à des formes automatiques de répétition.

Watson son fondateur ne cache pas ses attaches avec la théorie du conditionnement de Pavlov dont la salivation du chien face à un stimulus, suivi d’une présentation de nourriture, est l’exemple le plus connu. Ce qui se passe dans la tête de l'apprenant pour les behavioristes n'a aucune importance « c'est une boîte noire sans intérêt », en faire cas serait tomber dans le mentalisme psychologique, proche d'une attitude magique vis à vis d'un psychisme source de confusion (dixit Watson).

2.La psycholinguistique


Dès les années 80, vont apparaître des études prenant en considération les contextes socioculturels, affectifs, relationnels et linguistiques.

A l’opposé de ce qu’affirmait le courant Behavioriste qui a longtemps influencé la pédagogie, la boîte noire se verra chargée des composantes de tous les apprentissages, à savoir, les facteurs psychologiques (personnalité, motivation), les facteurs socio-affectifs (attitudes, valeurs, habitudes) et les facteurs socioculturels (langue, culture, représentations mentales), tous, en interdépendance les uns avec les autres.

Cette interaction qui nous échappe « de facto », nous fait penser ici au rapport entre le signifiant (mot dit, mot écrit, symbole, dessin) et le signifié (le référent de ce que l'on veut dire), rapport amené au début du siècle par Saussure, puis reprit dans un contexte analytique par Lacan.

Ce à quoi se réfère le signifiant n'est pas l'objet-chose mais la représentation mentale de celui ci, le signifié qui donne sens au mot. Si le mot dit ou écrit n'évoque aucune représentation sémantique alors il est in-signifiant.

3.L’endoculturation et acculturation


L’endoculturation est le résultat spontané de l’exposition de l’enfant à son environnement immédiat, car elle s'impose d'emblée sans qu'il soit nécessaire d'instaurer une institution de transmission. L'environnement familial, social et culturel exerce sur l'enfant une pression involontaire, une contrainte pour qu’il se conforme aux modèles de conduite du milieu et pour qu'il intègre les repères, les référents, les images mentales qui signeront son appartenance au groupe de base.

Ce processus d’endoculturation fait donc résonnance avec celui de langue maternelle.

L’acculturation désigne le fait qu’à partir d'un certain âge (de 2 à 6-7ans) la plupart des sociétés organisées ont créé des systèmes (scolaires et autres) afin que les particularités hétérogènes des milieux d'origine s’harmonisent en un ensemble plus large aux références culturelles et idéologiques communes. A l’acculturation dite spontanée, nous pouvons ajouter une forme d’acculturation dite forcée ou planifiée, résultat d'un « contact continu et direct entre des groupes d'individus de cultures différentes, qui entraîne des modifications dans les modèles culturels initiaux de l'un ou des deux groupes »15.

C.Exil et rapport à l’altérité, à la filiation et à la transmission


L’exil est vécu comme une coupure, une fracture, une perte. L’objet que l’on pleure dans l’exil, c’est le lieu de son origine, celui qui nous a vu naître.

Raaja Stitou, dans un article s’intitulant « Universalité et singularité de l’exil » paru dans le numéro 3 de la revue psychologie clinique, interroge la notion d’exil dans sa dimension universelle, structurale, subjective, mais aussi évènementielle.

Elle écrit : « l’universalité de l’exil est à entendre au sens où la donnée de départ de tout être humain, parlant, mortel, sexué, quelle que soit sa différence linguistique ou culturelle, est la séparation d’avec son origine ».

Stitou parle de trois formes d’exil : l’exil de la nature, qui est l’arrachement d’avec l’environnement immédiat (animal) régit par les instincts au profit d’une dialectique pulsionnelle, qui elle, n’est pas concevable en dehors d’une articulation à l’Autre et à un système symbolique; l’exil de la jouissance toute, que Freud situe du côté du père de la horde primitive assassiné et transformé en totem, instaurant dès lors un ordre symbolique ; et enfin l’exil du signifiant, puisque tout du sujet n’est pas représenté dans sa totalité dans le symbolique et qu’une part demeure étrangère, et donc, en devenir.

L’exilé est non seulement en rupture de lien social, mais en rupture de filiation ; il est habité le plus souvent par le sentiment d’avoir à la fois été abandonné par les siens et de les avoir lâchés.

Ce n’est que quand Freud est frappé par l’exil qu’il fait référence à son identité juive, ainsi l’interrogation identitaire culmine à la fin de sa vie avec « l’homme Moïse et la religion monothéiste ». C’est à ce moment qu’il se tourne vers les références mythiques de sa filiation.

« L’exil, par la réélaboration du Heimliche-Heimische16 qu’il impose, peut relancer de manière particulièrement intense le mouvement de la séparation psychique. Au delà du trauma, il peut alors constituer aussi une expérience structurante, source d’enrichissement pour le sujet ».17

Cette tentative de réélaboration permet de maintenir le fil de la transmission et d’y amener quelque chose de nouveau, de différend d’avec l’original.

Ce questionnement par rapport à la transmission est un thème qui ressurgit en permanence dans notre groupe, formé de nombreuses mères de familles et donc confrontées en permanence à la question de la transmission.

En plus de cette transmission nécessairement différente de celle qui aurait eu lieu dans le pays d’origine, il est important ici de mettre l’accent sur la notion de séparation et surtout de perte qui caractérise la condition de l’exilé, perte jusque dans sa langue, jusque dans son rapport aux signifiants.

Quand l’exilé pense dans une langue et qu’il veut s’exprimer dans une autre, les notions de perte et de deuil sont omniprésentes dans son activité d’expression et lui font assumer de manière incontournable, que ce qu’il veut dire, ne pourra se dire qu’autrement (encore faut-il que pour se dire, les représentations des mots du discours coïncident avec ceux de l’autre, qui est pour ainsi dire, son interlocuteur et qui baigne, lui aussi dans un système de références totalement différent).

  Pou Lacan, le langage fait de l’être humain un parlêtre, c'est une structure trouée, qui comporte en sa constitution même quelque chose d’intraduisible, et qui de ce fait, permet à la chaîne signifiante de se déployer. La parole viendrait donc de là, de cette capacité à être un sujet parlant, pouvant communiquer, jouir, travailler, agresser, aimer, procréer, et donc de renoncer au monde du même, pour trouver l’Autre.
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