I. Construction psychique : Genèse de la pensée et de la représentation 2





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C.Les stades du développement selon Piaget et leur rapport à la représentation


Dans la description des différents stades de développement nous retrouvons souvent les rôles de l'image mentale ou de représentation mentale sur lesquels nous nous arrêterons ici.

Durant les deux premières années, (stade sensori-moteur incluant le stade des réflexes, le stade des habitudes accommodatrices et des premières perceptions organisées et le stade de l'intelligence sensori-motrice proprement dite) l'imagerie mentale est déjà un phénomène et un processus présent à l’œuvre. En effet,
tout processus d'apprentissage implique que le bébé et ensuite l'enfant, ait présent à l'esprit ce qu'il a déjà acquis, ce qu’il a intériorisé et mémorisé, pour pouvoir le comparer avec ce qu'il est en train d’expérimenter et de voir, dans une situation.

Pour l’enfant, tout s’opère par comparaison, même si cette dernière est rudimentaire ou inconsciente, entre du déjà connu et du nouveau. Nous soulignons ici le rôle de la mimésis et de l’imitation bien connus dans tout processus d’apprentissage.

A partir de la deuxième année (stade de l'intelligence intuitive) nous entrons dans le règne absolu des représentations mentales. La fonction symbolique et la fonction langagière jouent alors un rôle prédominant dans l'activité cognitive qui s'amplifie et se complexifie grâce aux représentations mentales.

L'enfant commence à disposer à cet âge de la notion de sens, sens qu'il va pouvoir mémoriser, partager, communiquer, classer, organiser.

Les mots et les comportements symboliques (gestes, jeux, dessins) renvoient alors à des signifiants primaires en se doublant de leurs représentations mentales.

A partir de sept ans les images mentales vont se vider de plus en plus des contenus matériels singuliers, par le biais des mots. Les mots viennent donc donner un sens général à ce qui était, avant, de l’ordre du singulier, de l’intime, de la représentation personnelle et faisait référence à un signifiant primaire.

Les images mentales accumulées par l'expérience se regroupent donc en perdant leurs particularités et se résument, sous l’égide d'un mot les désignant.

Quant au dernier stade, celui qui correspond à l’adolescence (stade des opérations intellectuelles, abstraites et formelles), l'individu va mettre en place des schèmes définitifs qu'il utilisera tout au long de sa vie.

Durant cet âge, l’adolescent n’est plus aussi tenu aux images mentales, tant les connaissances et les expériences se sont accumulées et mémorisées, et tant les mots ont acquis le pouvoir de permettre seuls leur évocation.

II.Construction Sociale : Identité, culture et exil

A.Identité, culture et langue

1.L’identité


L’identité désigne à la fois le fait d’être soi et de se savoir soi. La notion d’identité renvoie donc à celles de subjectivité et de réflexivité.

L’identité est donc à double sens, elle va de soi à l’autre et vice-versa, ainsi, on pourrait dire par exemple que l’identité consiste en la capacité de s’identifier et par là de se reconnaître, aussi bien qu’en le fait d’être identifié et reconnu par autrui.

La psychanalyse parle d’identité imaginaire, en différence à l’identité donnée symboliquement par le nom, toutes deux se fixent par ailleurs en lien direct avec l’Autre.

Chez le jeune enfant, il y a une permanence de l’identité donnée pendant les premières étapes du processus d’identification et il existe bien sur, dans la construction identitaire, un mouvement de désidentification, à travers la désidéalisation des modèles parentaux, qui étaient les premiers objets d’identification de l’enfant.

2.La culture et la langue


Selon l’Encyclopédia Universalis, culture est définit comme étant une tournure, un infléchissement de nos représentations, de nos sentiments, de nos conduites, de tous les aspects du psychisme et même de l'organisme ; infléchissement artificiel commun à un groupe, qui à la fois rassemble et différencie, et se transmet par hérédité sociale. C'est surtout un système de significations de valeurs, de règles et de code groupal.

Toute culture de masse, culture en soi, s’explique pour Freud par le fait que les individus ont mis chez le ou les représentants de cette culture leur moi idéal.

La langue fait partie intégrante d'une culture. Elle en est la voix, elle en est le sens et son moyen de propagation. Elle en dit les significations et véhicule les représentations spécifiques à telle ou telle culture.

Par conséquent, très souvent, les mots d'une langue déterminée sont difficiles à traduire en une autre à cause des référents culturels spécifiques qu'ils contiennent.

Nous comprenons alors mieux les difficultés que rencontrent les adultes migrants, analphabètes, qui essaient d’apprendre une autre langue que la leur, langue qu’ils n’ont d’ailleurs pas appris à l’intérieur d’un système éducatif codifié mais bien à la maison, où signifiants et représentation spécifiques sont omniprésentes.

3.La langue maternelle, langue des origines


On est inscrit dans une langue avant même sa naissance, on y naît, on y baigne durant son enfance, on pense dans une langue et on perçoit et se représente le monde dans une langue.

Cette inscription dans la langue avant même la naissance, fait écho à la théorie de Françoise Dolto qui dit que l’enfant est là, avant même d’être conçu, il est présent dès le moment qu’il est désiré, présent et déjà façonné selon le désir des parents.

La langue maternelle est « celle en laquelle on a toujours vécu et qu’on ne pourra jamais remplacer par une autre »14, c’est une langue porteuse d’identité.

Cette langue maternelle est unique, tout comme la mère biologique est unique. S’il existe d’autres mères, comme c’est souvent le cas, celle qui nous a donné naissance est une.

Notons que l’usage spontané que nous faisons de notre langue maternelle nous masque qu’elle organise le monde et les données de l’expérience, et que c’est l’apprentissage des langues étrangères ou l’ouverture sur le monde et sur les autres cultures qui nous en fait prendre conscience, souvent de manière douloureuse.

Rappelons que le néologisme de lalangue, a été introduit par Lacan pour montrer que l’enfant est imprégné de la langue dans laquelle il baigne à sa naissance. Il s’agit d’une langue qu’il n’apprend pas mais qui lui est transmise par sa mère et il en porte l’empreinte de façon singulière. Ce premier rapport à la langue est lié selon lui à la jouissance plutôt qu’au sens, ce n’est pas une langue de la communication mais une langue des affects, une langue qui fusionne sans séparer.

Le rapport est donc très étroit entre langue maternelle et culture. Les signifiants de l’un et de l’autre sont en jeu dès qu’il s’agit de s’exprimer, ils sont là, sans y être, ils donnent sens au monde sans que nous en ayons conscience, ils nous façonnent et nous bercent dans le plus grand silence, ce silence primordial duquel la parole surgit, parole qui selon l’ancien testament s’est fait chair (chère comme notre amour à la mère).

La langue maternelle est enfin cette langue que l’Autre parlait avant notre venue au monde et dont on est (naît) l’émanation.
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