I. Construction psychique : Genèse de la pensée et de la représentation 2





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IV.Travailler le transfert et la résistance


Le transfert est le « lien s’instaurant de façon automatique et actuelle du patient à l’analyste, réactualisant les signifiants qui ont supporté ses demandes d’amour dans l’enfance ». En dehors du cadre de l’analyse, le transfert est constant, omniprésent dans tout genre de relation.

Dans cette définition amenée par Chemama et Vandermersch dans le Dictionnaire de la psychanalyse, il est intéressant de remarquer que le transfert est en lien directe avec toute situation d’apprentissage.

En effet, apprendre est impossible s’il n’y a pas de transfert avec l’objet du savoir, avec la personne qui représente le porteur de ce savoir et vice-versa. C’est dans ce sens que nous comprenons par exemple que tout mot dit ou écrit, évoque forcément une représentation sémantique, sinon il serait in-signifiant, et que c’est à travers le rapport qu’on entretien avec ce signifiant et sa chaîne que se tisse notre perception de la chose.

V.Conclusion



De la scène qui se constitue autour de l’interprétation et de l’improvisation théâtrale ; aux images et aux mots qui soutiennent le groupe et facilitent la prise de parole ; à la mise en mouvement des associations et le partage des représentations singulières ; s’approprier une langue autre et se vivre en elle, se représenter et se jouer en elle, n’est pas chose aisée pour des adultes migrants en situation de précarité.

L’improvisation comme source de spontanéité, d’exploration et de surgissement, permet à des comédiens d’explorer leur imaginaire à travers la concrétisation de l’action sur scène, mais si la distanciation par rapport à soi n’est pas possible, si pour se distancier de soi il faut d’abord être soi, se savoir soi, et que cela manque, comment pouvoir revêtir l’identité d’un autre qui nous fait place et pouvoir créer la courte distance entre soi et le personnage incarné, par un processus d’identification, en présence d’un tiers voyeur et voyant ?

Il faut d’abord se reconnaître dans ce qu’on est pour ensuite pouvoir s’identifier à un autre et avoir la possibilité de changer, de changer par rapport à une inscription dans le temps et par rapport à une culture et une dette symbolique lourde de signifiants.

L’apprentissage et l’appropriation de la langue passent par la transposition et la traduction des représentations singulières.

Pour que les mots et les choses aient du sens ils doivent découler d’un signifiant qui peut être dit et représenté.

Pour que le signifiant apparaisse ne serait-ce qu’en partie minime, il faut permettre au sujet de dire, de se dire.

Les images et les mots sont utilisés ici pour s’identifier et se reconnaitre, se représenter et se présenter, se sécuriser et exister. Ils facilitent la prise de parole et indiquent un mouvement au langage à partir d’une thématique ou d’un point de départ qui va de soi à l’autre, ou vice-versa.

Freud qualifiait la « sublimation »  de seul mécanisme de défense réussi, dont la fonction est d’exprimer certaines représentations insupportables et angoissantes non seulement de manière acceptable, mais aussi socialement reconnue.

La « sublimation » est au cœur de l’art-thérapie, mais elle n’est pas ce moment intense où trois femmes du noyau dur du groupe, montent sur scène et racontent leur histoire en s’appuyant sur les participants pour leur faire jouer des rôles forts, correspondants à des figures de projection et d’identification, sous le regard de l’autre.

Pourtant c’est par le jeu, et seulement par lui, que la blessure narcissique a pu se dire, qu’elle a pu se dire dans la voix, dans le corps, dans les gestes.

Nous pensons parfois que notre espace est « étrange », ce n’est ni un espace thérapeutique, ni un espace d’expression théâtrale et artistique, ni un espace d’apprentissage, mais véritablement un espace intermédiaire dans lequel la place et le rôle de ceux qui amènent cet espace (qu’on les appelle animateurs, intervenants, psychologues, art-thérapeute ou autre) est aussi une place intermédiaire, dans laquelle se confondre avec celui qui pourrait occuper toutes les places serait alors de l’ordre de la jouissance.

La limite est justement là et le sens se fait sentir à partir du moment où les personnes qui amènent cet espace peuvent réfléchir sur les places qu’ils y occupent ou qu’ils sont appelés à occuper en fonction de leur objet qui est le groupe, et de son objectif qui est celui de l’appropriation pour des adultes migrants du français comme langue d’affect.

Une grille d’évaluation manque à cette recherche, nous pouvons pour l’instant nous soutenir uniquement des retours singuliers que nous avons de cet atelier de la part des bénévoles qui donnent des cours de français aux participants et qui remarquent une évolution réelle dans leurs compétences linguistiques, jusque dans leurs postures.

Blibliographie
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Dictionnaire de la psychanalyse, sous la direction de Roland CHEMAMA et Bernard VANDERMERSH, éd. Larousse, 1998



1 Méthodes d’apprentissage pour adultes migrants, Trait d’union, DILF…

2 L'analphabétisme est l'incapacité complète à lire et à écrire, le plus souvent par manque d'apprentissage, alors qu’on parle d'illettrisme quand il y a eu apprentissage de la lecture et de l'écriture mais que cet apprentissage n'a pas conduit à leur maîtrise ou que la maîtrise en a été perdue.

3 Peter Brook parle de l’art comme véhicule entre soi et l’autre, l’espace vide, Paris, Seuil, 1977

4.LAPLANCHE, L., PONTALIS, J.B.,- Vocabulaire de psychanalyse, PUF, Paris, 1973

5 FREUD cité par JEHAN, C., Conférence du 6 mai 1998 à la maison des sciences de l’homme, Paris : Développement des processus de pensée.

6 SCHOTT-BILLMANN, F., Quand la danse guérit, Gauthier / Willars, Paris, 1994, p.189

7 FREUD cité par JEHAN, C., Conférence du 6 mai 1998 à la maison des sciences de l’homme, Paris : Développement des processus de pensée

8 FREUD, Métapsychologie, p.118 cité par Green, A., Le discours vivant, PUF, Paris, 1973, p.234

9 GREEN, A., Le discours vivant, PUF, Paris, 1973, p.16

10 FREUD, Etudes sur l’hystérie, p.5, cité par GREEN, A., Le discours vivant, PUF, Paris, 1973, p.27

11 JEHAN, C., Conférence du 6 mai 1998 à la maison des sciences de l’homme, Paris : Développement des processus de pensée.

12 WINNICOTT, D.W., La nature humaine, Gallimard, Paris, 1990, p.134

13 WNNICOTT, D.W., La crainte de l’effondrement, Gallimard, Paris, 2000

14 FREUD, S., cité par TOURN. L., Travail de l’exil, deuil, déracinement, identité expatriée, PUF, 1997, p.1651

15 Langue, culture et images mentales : contribution à la compréhension des difficultés d'accès au sens des mots et des images par certains élèves, article édité en 2001 sur le web, CASNAV-CAREP

16 Ce terme est issu de l’ouvrage de Freud « L’inquiétant étrangeté » en 1919, où il oppose le mot allemand « unheimlich » au mot « heimlich, heimisch » qui renvoi à des signifiants intimes, comme « de la maison », et donc familiers.

17 TOURN, L., Travail de l’exil, deuil, déracinement, identité expatriée. PUF, Paris, 1997, p.163

18 TOURN, L., Travail de l’exil, deuil, déracinement, identité expatriée. PUF, Paris, 1997, p.166

19 Idem, p.172

20 Idem, p.194

21 KAES, R., L’appareil psychique groupal, Dunod, Paris, 1976

22 KAES, R., L’appareil psychique groupal, Dunod, Paris, 1976, p.58

23 Idem, p.68

24 Idem, p.71

25 Idem, p.75

26 TISSERON, S., Que cherchons-nous dans les images, Revue Art et thérapie : « Médiation thérapeutique et médiation symbolisante », Numéro 96-97, Juin 2007.

27 ANZIEU, D., Le moi peau, Dunod, Paris, 1985

28 ARISTOTE, Poétique, Poche, Paris, 1990, p.89

29 Idem, p.89

30 WINNICOTT, D.W., Conversations ordinaires, Folio, Paris, 1986, p.54

31 Idem, p.55

32 SCHOTT-BILLMANN, F., Quand la danse guérit, Gauthier / Willars, Paris, 1994, p.113

33 Idem, p.197

34 Laura Sheleen cité par MINET Serge, Du divan à la scène : dans quelle pièce, je joue ? Editions Mardaga, Paris, 2006, p.104

35 WEILL, A.D., Les trois temps de la loi, Seuil, Paris, 1995, p. 213-214

36 STRASBERG, Lee., « L’actor studio et la méthode », Interéditions, Paris, 1987, p.136

37 MINET, S., Du divan à la scène : dans quelle pièce on joue ?, Mardaga, Paris, 2006, p.106

38 VASSE D., Le poids réel, la souffrance, Paris, Seuil, 1983, cité par MINET S., Du divan à la scène, quelle pièce je joue ? Paris, Mardaga, 2006, p.57



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