L’amour et le transfert





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THESAURUS


L’amour et le transfert


dans les séminaires de Jacques Lacan
                     Établi par Patrick Valas
J’ai relevé à travers tous les séminaires de Jacques Lacan, les occurrences sur l’amour et le transfert, en, notant pour composer ce thésaurus, la citation complète et sa référence. Le lecteur pourra ainsi la retrouver dans son contexte.*

Patrick Valas


THESAURUS


  1. Le symptôme (paru)

  2. Le surmoi (à paraître)

  3. La fin de l’analyse et la passe (à paraître)

  4. La perversion (à paraître)

  5. L’amour et le transfert (paru)

  6. La femme (paru)

  7. Le Père (paru)

  8. La jouissance (à paraître)

* Nota : Pour faciliter le travail, j'ai donné ici la référence dans les textes publiés, il ne s'agit cependant pas d'une reproduction de ces textes, puisque ces citations sont faites à partir de notes personnelles. – Par ailleurs, la pagination correspond, pour certains séminaires, à des séminaires non publiés à l’époque où j’ai établi ce thésaurus : le point de repère est donc, de façon générale, celui de la date de la leçon.


THESAURUS SUR L’AMOUR ET LE TRANSFERT

Nota :dans ce Thésaurus, on trouvera en début de citation : (T) et (A) pour indiquer une référence sur l’amour ou sur le transfert.
Livre I, 1953-1954 : Les écrits techniques.

(La pagination pour ce Livre I est celle de l’édition du Seuil)
1. « Tu » n’est pas un signal, mais une référence à l’autre, il est ordre et amour. (I, p.9, 18 novembre 1953).
(T) – 2. (A propos des Écrits techniques de Freud…) … on y voit apparaître graduellement des notions fondamentales pour comprendre le mode d’action de la thérapeutique analytique, la notion de résistance et la fonction du transfert, le mode d’action et d’intervention dans le transfert, et même jusqu’à un certain point, le rôle essentiel de la névrose de transfert. (II, p.14 ; 13 janvier 1954).
(T) – 3. Vous ne pouvez pas ne pas voir dans cette formule, la masse idéationnelle, quelque chose qui voisine singulièrement avec une formule que j’ai pu vous donner à savoir que le contre-transfert n’est rien d’autre que la fonction de l’ego de l’analyste, ce que j’ai appelé la somme des préjugés de l’analyste. (III, p.31 ; 20 janvier 1954).
(T) – 4. On n’a jamais dit que l’analyste ne doit jamais éprouver de sentiments vis-à-vis de son patient. Mais il doit savoir non seulement ne pas y céder, les mettre à leur place, mais s’en servir adéquatement dans sa technique. (IV, p.42 ; 27 janvier 1954).
(T) – 5. Citant Freud (Studien) : D’abord, nous parvenons bientôt dans une région où la résistance se fait nettement sentir . Cette résistance émane du processus même du discours, de son approximation, si je puis dire. Deuxièmement l’expérience montre que c’est ici que surgit le transfert . Troisièmement, le transfert se produit justement parce qu’il satisfait la résistance . Quatrièmement,  un fait de ce genre se reproduit un nombre incalculable de fois au cours d’une psychanalyse . Il s’agit bien d’un phénomène sensible dans l’analyse. Et cette partie du complexe qui s’est manifestée sous la forme transfert se trouve poussée vers le conscient à ce moment-là. Le patient s’obstine à le défendre avec la plus grande ténacité . (V, p.51 ; 3 février 1954). (Texte de Freud : « Dynamique du transfert »).
(T) – 6. Je réalise soudain le fait de votre présence  … Ce phénomène s’établit en connexion avec la manifestation concrète de la résistance qui intervient dans le tissu même de notre expérience en fonction du transfert. (V, p.51 ; 3 février 1954).
(T) – 7. C’est dans le mouvement par où le sujet s’avoue qu’apparaît un phénomène qui est résistance. Quand cette résistance devient trop forte, surgit le transfert. (V, p.52 ; 3 février 1954).

… Nous voyons en un certain point de cette résistance se produire ce que Freud appelle le transfert, c’est-à-dire ici l’actualisation de la personne de l’analyste. (p.53).

… « La résistance se présente par le bout transférentiel ». (p.57).
(T.A) – 8. Il s’agit de savoir comment, à un moment donné, pointe vers l’autre ce sentiment si mystérieux de la présence. Peut-être est-il intégré à ce dont Freud nous parle dans la « Dynamique du transfert », c’est-à-dire à toutes les structurations préalables, non seulement de la vie amoureuse du sujet, mais de son organisation du monde. (V, p.60 ; 3 février 1954).
(T) – 9. Ceux qui étaient là la dernière fois ont pu entendre un développement sur le passage central de l’écrit de Freud, la « Dynamique du transfert ». Tout ce développement a consisté à vous montrer que le phénomène majeur du transfert part de ce que je pourrais appeler le fond du mouvement de la résistance. J’ai isolé ce moment, qui reste masqué dans la théorie analytique, où la résistance, dans son fond le plus essentiel, se manifeste par un mouvement de bascule de la parole vers la présence de l’auditeur, du témoin qu’est l’analyste. (VI, p.63 ; 10 février 1954).
(T) – 10. (Dans le rêve du canal). C’est au point précis où le rêve n’est plus qu’une trace, un débris de rêve, un vocable isolé, que nous retrouvons sa pointe transférentielle. (VI, p.64 ; 10 février 1954).
(T) – 11. C’est sur le plan de son moi à elle, Anna Freud, c’est dans le cadre de la relation duelle avec elle, Anna Freud, qu’elle a perçu les manifestations de défense du moi. Elle a voulu du même coup y voir une manifestation de transfert, selon la formule qui fait du transfert la reproduction d’une situation. (p.78). Quoique souvent donnée, au point qu’elle passe pour classique, cette formule est incomplète, puisqu’elle ne précise pas comment la situation est structurée. (VII, p.78 ; 17 février 1954).

(T) – À partir de la page 105 suivent toute une série de leçons annoncées par Lacan sous le titre « Le transfert, aux niveaux distincts auxquels il faut l’étudier »).
(T.A) – 12. Or, vous sentez bien la distance qu’il y a entre – la résistance, qui sépare le sujet de la parole pleine que l’analyse attend de lui, et qui est fonction de cet infléchissement anxiogène que constitue dans son mode le plus radical, au niveau de l’échange symbolique, le transfert – et ce phénomène que nous manions techniquement dans l’analyse, et qui nous paraît être le ressort énergétique, comme Freud s’exprime, du transfert, à savoir l’amour. (IX, p.106 ; 10 mars 1954).
(T.A) – 13. Dans les « Observations sur l’amour de transfert », Freud n’hésite pas à appeler le transfert du nom d’amour. Freud élude si peu le phénomène amoureux, passionnel, dans son sens plus concret, qu’il va jusqu’à dire qu’il n’y a, entre le transfert et ce que nous appelons dans la vie l’amour, aucune distinction vraiment essentielle. La structure de ce phénomène artificiel qu’est le transfert et celle du phénomène spontané que nous appelons l’amour, et très précisément l’amour-passion sont, sur le plan psychique, équivalents. (IX, p.106 ; 10 mars 1954).
(T.A) – 14. Il n’y a, de la part de Freud, aucune élusion du phénomène, aucune tentative de dissoudre le scabreux dans ce qui serait du symbolisme, au sens où on l’entend habituellement – l’illusoire, l’iréel. Le transfert c’est l’amour. (IX, p.106 ; 10 mars 1954).
(T) – 15. … comment se situent par rapport à la parole, tous ces affects, toutes ces références imaginaires qui sont communément évoqués quand on veut définir l’action du transfert dans l’expérience analytique ? Vous avez bien senti que ça n’allait pas de soi. (X, p.125 ; 17 mars 1954).
(T) – 16. Qu’est-ce que le transfert ? Dans son essence, le transfert efficace dont il s’agit, c’est tout simplement l’acte de la parole. (X, p.127 ; 17 mars 1954).
(T) – 17. Chaque fois qu’un homme parle à un autre, d’une façon authentique et pleine, il y a, au sens propre, transfert, transfert symbolique. (X, p.127 ; 17 mars 1954).

… Mais il s’agit là d’un autre transfert que celui qui s’est d’abord présenté dans l’analyse non seulement comme un problème, mais comme un obstacle. Cette fonction, en effet, est à situer sur le plan imaginaire. (p.127).
(T.A) – 18. J’ai fait allusion la dernière fois à l’article de Freud sur l’amour de transfert…

Nous ne pouvons pas ne pas voir que l’une des questions les plus importantes de la théorie analytique, c’est de savoir quel est le rapport qu’il y a entre les liens de transfert et les caractéristiques, positive et négative, de la relation amoureuse. (X, p.128 ; 17 mars 1954).
(T) – 19. … on n’a jamais fait que se demander l’utilité de la fonction du transfert dans le maniement que nous faisons de la subjectivité de notre patient. Nous avons même isolé quelque chose qui va jusqu’à s’appeler, non pas seulement névrose de transfert – étiquette nosologique qui désigne ce dont le sujet est affecté – mais névrose secondaire, névrose artificielle, actualisation de la névrose dans le transfert, névrose qui noue dans ses fils la personne imaginaire de l’analyste. (X, p.128 ; 17 mars 1954).
(T) – 20. Les opinions qui se manifestent au cours des discussions sur la nature du lien imaginaire établi dans le transfert ont la relation la plus étroite avec la notion de rapport objectal. (X, p.129 ; 17 mars 1954).
(T.A) – 21. Aussi bien, depuis toujours, la question de l’amour de transfert a-t-elle été liée, trop étroitement, à l’élaboration analytique de la notion de l’amour. (p.129)… Il ne s’agit pas de l’amour en tant que l’Eros, - présence universelle d’un pouvoir de lien entre les sujets, sous-jacente à toute la réalité dans laquelle se déplace l’analyse – mais de l’amour-passion, tel qu’il est concrètement vécu par le sujet, comme une sorte de catastrophe psychologique. La question se pose, vous le savez, de savoir en quoi cet amour-passion est, en son fondement, liée à la relation analytique. (X, p.130 ; 17 mars 1954).
(T.A) – 22. … Qu’est-ce que c’est que cet amour, qui intervient en tant que ressort imaginaire dans l’analyse ? … eh bien, pour nous, ce que nous avons à repérer, c’est la structure qui articule la relation narcissique, la fonction de l’amour dans toute sa généralité c’est le transfert dans son efficacité pratique. (X, p.130 ; 17 mars 1954).
(T) – 23. Je préfère laisser à la notion de transfert sa totalité empirique, tout en marquant qu’elle est plurivalente et qu’elle s’exerce à la fois dans plusieurs registres, le Symbolique, l’Imaginaire et le Réel. (X, p.130 ; 17 mars 1954).
(A) – 24. La stricte équivalence de l’objet et de l’idéal du moi dans le rapport amoureux est une des notions les plus fondamentales dans l’œuvre de Freud, et on la retrouve à chaque pas. L’objet aimé est dans l’investissement amoureux, par la captation qu’il opère du sujet, strictement équivalent à l’idéal du moi. (p.145) .C’est pour cette raison qu’il y a dans la suggestion, dans l’hypnose, cette fonction économique si importante qu’est l’état de dépendance, véritable perversion de la réalité par la fascination sur l’objet aimé et sa surestimation. (XI, p.145 ; 24 mars 1954).
25. Vous connaissez cette psychologie de la vie amoureuse déjà si finement développée par Freud … eh bien vous ne pouvez pas ne pas voir la contradiction qu’il y a entre cette notion de l’amour et certaines conceptions mythiques de l’ascèse libidinale de la psychanalyse. (XI, p.145 ; 24 mars 1954).
26. … ou l’amour est ce que Freud décrit, fonction imaginaire en son fondement, ou bien il est le fondement et la base du monde. (XI, p.146 ; 24 mars 1954).
(A) – 27. L’amour est un phénomène qui se passe au niveau de l’imaginaire et qui provoque une véritable subduction du symbolique, une sorte d’annulation, de perturbation de la fonction de l’idéal du moi. L’amour rouvre la porte – comme l’écrit Freud, qui n’y va pas avec le dos de la cuillère – à la perfection. (XII, p.162 ; 31 mars 1954).

(… autrement dit quand on est amoureux, on est fou, comme le dit le langage populaire). (p.163).
(A) – 28. C’est son propre moi qu’on aime dans l’amour, son propre moi réalisé au niveau imaginaire. (XII, p.163 ; 31 mars 1954).
(A.T) – 29. On se tue à se poser ce problème – comment chez les névrosés, qui sont si entravés sur le plan de l’amour, le transfert peut-il se produire ? La production du transfert a un caractère absolument universel, véritablement automatique, alors que les exigences de l’amour sont au contraire, chacun le sait si spécifiques… Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre ce qui est fait pour vous donner juste l’image de votre désir. Comment se fait-il donc que, dans le rapport analytique, le transf, qui est de même nature que l’amour – Freud le dit – se produise on peut dire avant même que l’analyse soit commencée ? Certes ce n’est peut-être pas tout à fait la même chose avant et pendant l’analyse. (p.163).

… comment la fonction presque automatiquement déclenchée du transfert dans la relation analysé/analyste - et ce, avant même qu’elle ait commencé, de par la présence et la fonction de l’analyse - nous permet-elle de faire jouer la fonction imaginaire du l’Ideal-Ich ? (XII, p.163 ; 31 mars 1954).
30. Nous sommes tous bien d’accord que l’amour est une forme de suicide. (XIII, p.172 ; 7 avril 1954).
31. La différence entre la Verliebtheit et le transfert, c’est que la Verliebtheit ne se produit pas automatiquement – il y faut certaines conditions déterminées par l’évolution du sujet. (XIV, p.194 ; 5 mai 1954).
32. Il n’y a pas d’amour fonctionnellement réalisable dans la communauté humaine, si ce n’est par l’intermédiaire d’un certain pacte. (XIV, p.197 ; 5 mai 1954).
33. Qu’est-ce que c’est que cet amour génital prétendument achevé ? (XV, p.203 ; 5 mai 1954).
34. La libido pré-génitale est le point sensible, le point de mirage entre Eros et Thanatos, entre l’amour et la haine. (p.204).

… Un très petit changement du niveau libidinal par rapport à un certain seuil transforme l’amour en haine. (XV, p.204 ; 5 mai 1954).
(T) – 35. Dans l’analyse, le point où se focalise l’identification du sujet au niveau de l’image narcissique est ce qu’on appelle le transfert. Le transfert, non pas dans le sens dialectique, où je vous l’expliquais dans le cas de Dora par exemple, mais le transfert tel qu’on l’entend communément en tant que phénomène imaginaire. (p.206). … Je vais vous montrer à quel point aigu va le maniement du transfert imaginaire. Il va au point de partage des eaux dans la technique. (XV, p.206 ; 5 mai 1954).
36. (À propos du Primary-love et du genital-love de Balint)… Vous verrez que j’apporterai à cette conception des objections massives, qui vous montreront qu’elle dissipe littéralement tout ce que l’analyse a apporté. (XVII, p.228 ; 26 mai 1954).
(T) – 37. Ce que je veux mettre en relief ici, c’est l’article dont vous n’avez pas parlé, « Transference of emotions » de 1933 (Balint). Sont-ce les émotions qui sont transférées ? Un titre comme celui-là ne semble scandaliser personne. (XVII, p.231 ; 26 mai 1954).
(A) – 38. Sartre fait très justement remarquer que, dans le vécu de l’amour, ce que nous exigeons de l’objet dont nous désirons être aimé, ce n’est pas un engagement complètement libre. (XVIII, p.242 ; 2 juin 1954).
(A) – 39. La forme d’abdication de la liberté de l’autre, c’est l’exigence qui situe phénoménologiquement l’amour dans sa forme concrète. (XVIII, p.242 ; 2 juin 1954).

(A) – 40. Si l’amour est tout pris et englué dans cette intersubjectivité imaginaire, sur laquelle je désire centrer votre attention, il exige dans sa forme achevée la participation au registre du symbolique. (XVIII, p.242 ; 2 juin 1954).
(T) – 41. Selon Balint, le transfert est transfert d’émotion. (XIX, p.252 ; 9 juin 1954).
42. Balint ne tombe pas dans le contre-transfert - c’est-à-dire, en clair, il n’est pas un imbécile- dans le langage à clef où nous croupissons, on appelle ambivalence le fait de haïr quelqu’un, et contre-transfert le fait d’être un imbécile. (XIX, p.253 ; 9 juin 1954).
43. Dans la situation de transfert …– il s’agit de la valeur de la parole, non plus cette fois en tant qu’elle créé l’ambiguïté fondamentale, mais en tant qu’elle est fonction du symbolique, du pacte liant les sujets les uns aux autres dans une action. (XIX, p.255 ; 9 juin 1954).
(T) – 44. Voilà donc sur quel plan vient jouer la relation du transfert. Elle joue autour de la relation symbolique, qu’il s’agisse de son institution, de sa prolongation, ou de son soutien. Le transfert comporte des incidences, des projections des articulations imaginaires, mais il se situe tout entier dans la relation symbolique. (XIX, p.256 ; 9 juin 1954).

Suivent une série de leçons sur la parole dans le transfert.
(T) – 45. Nous passons notre temps à nous apercevoir que le transfert n’est pas du tout un phénomène illusoire. (XIX, p.265 ; 9 juin 1954).
(T) – 46. Ce dont il s’agit dans l’analyse du transfert, c’est de savoir à quel point de sa présence la parole est pleine. (XX, p.268 ; 16 juin 1954).
(T) – 47. À quel moment apparaît dans l’œuvre de Freud le mot Übertragung, transfert ? … C’est dans la septième partie, Psychologie des processus du rêve, de la Traumdentung. (XX, p.269 ; 16 juin 1954). (Freud nous montre comment la parole, à savoir la transmission du désir…).
(T) – 48. Cette précision, c’est que c’est seulement sur le plan du symbolique que la fonction du transfert peut être comprise. (XXI, p.271 ; 23 juin 1954).
(T.A) – 49. Ce dont il s’agit fondamentalement dans le transfert, c’est de la prise de possession d’un discours apparent par un discours masqué, le discours de l’inconscient. (XXI, p.271 ; 23 juin 1954).
(T) – 50. … La structure du transfert… il faut partir du point central… on ne peut rendre compte du transfert comme d’une relation duelle imaginaire, et que le moteur de son progrès, c’est la parole. (XXII, p.287 ; 30 juin 1954).
(T) – 51. Mettre en jeu la projection illusoire d’une quelconque des relations fondamentales du sujet sur le partenaire analytique, ou encore la relation d’objet, le rapport entre transfert et contre-transfert, tout cela, qui reste dans les limites d’une two bodies’ psychology, est inadéquat. (p.287). … Nous avons donc mis en évidence la nécessité d’un troisième terme, qui seul permet de concevoir le transfert en miroir, et qui est la parole. (XXII, p.287 ; 30 juin 1954).
(A) – 54. À la jonction du symbolique et de l’imaginaire, cette cassure, si vous le voulez, cette ligne d’arête qui s’appelle l’amour. (XXII, p.298 ; 30 juin 1954).
(A.T) – 53. Nous savons que la dimension du transfert existe d’emblée implicitement, avant tout commencement de l’analyse, avant que le concubinage qu’est l’analyse ne le déclenche. Or, ces deux possibilités de l’amour et de la haine ne vont pas sans cette troisième, qu’on néglige, et qu’on ne nomme pas parmi les composantes primaires du transfert- l’ignorance en tant que passion. (XXII, p.298 ; 30 juin 1954).
(T) – 54. … comme la vertu poursuivant le crime, aidée par le remords, je vous dirais : l’erreur fuyant dans la tromperie et rattrapée par la méprise. J’espère que vous voyez que ça vous peint le transfert, tel que j’essaie de vous le faire saisir, dans les moments de suspension que connaît l’aveu de la parole. (XXIII, p.302 ; 7 juillet 1954).
(A) – 55. L’amour se distingue du désir, comme la relation limite qui s’établit de tout organisme à l’objet qui le satisfait. Car sa visée n’est pas de satisfaction mais d’être. C’est pourquoi on ne peut parler d’amour que là où la relation symbolique existe comme telle. (XXIII, p.304 ; 7 juillet 1954).
(A) – 56. Apprenez maintenant à distinguer l’amour comme passion imaginaire, du don actif qu’il constitue sur le plan symbolique. L’amour, l’amour de celui qui désire être aimé, est essentiellement une tentative de capturer l’autre dans soi-même, dans soi-même comme objet. La première fois que j’ai parlé longuement de l’amour narcissique c’était, souvenez-vous en, dans le prolongement même de la dialectique de la perversion.

Le désir d’être aimé c’est le désir que l’objet aimant soit pris comme tel, englué, asservi dans la particularité absolue de soi-même comme objet. Celui qui respire à être aimé se satisfait fort peu, c’est bien connu, d’être aimé pour son bien. Son exigence, c’est d’être aimé aussi loin que peut aller la complète subversion du sujet dans une particularité, et dans ce que cette particularité peut avoir de plus opaque, de plus impérissable. On peut être aimé pour tout. Pas seulement pour son moi, comme le dit Descartes, mais pour la couleur de ses cheveux, pour ses manies, pour ses causes de cela même. Aimer, c’est aimer un être au-delà de ce qu’il apparaît être. Le don actif de l’amour vise l’autre, non pas dans sa spécificité, mais dans son être. (XXIII, p.305 ; 7 juillet 1954).
(A) – 57. L’amour, non plus comme passion, mais comme don actif, vise toujours, au-delà de la captivation imaginaire, l’être du sujet aimé, sa particularité. C’est pourquoi il peut en accepter très loin les faiblesses et les détours, il peut même en admettre les erreurs, mais il y a un point où il s’arrête, un point qui ne se situe que de l’être. Quand l’être aimé va trop loin dans la trahison de lui-même et persévère dans la tromperie de soi, l’amour ne suit plus. (XXIII, p.305 ; 7 juillet 1954).
(A) – 58. L’amour en tant qu’il est une des trois lignes de partage dans laquelle s’engage le sujet quand il se réalise symboliquement dans la parole, se dirige vers l’être de l’autre. Sans la parole en tant qu’elle affirme l’être, il y a seulement Verliebtheit, fascination imaginaire, mais il n’y a pas l’amour. Il y a l’amour subi, mais non pas le don actif de l’amour. (XXIII, p.305 ; 7 juillet 1954).
59. Si l’amour aspire au développement de l’être de l’autre, la haine veut le contraire, soit son abaissement, son déroutement, sa déviation, son délire, sa négation détaillée, sa subversion. C’est en cela que la haine comme l’amour, est une carrière sans limite. (XXIII, p.305 ; 7 juillet 1954).
60. En vous parlant d’amour et de haine, je vous désigne les voies de la réalisation de l’être, non pas la réalisation de l’être, mais les voies. (XXIII, p.306 ; 7 juillet 1954).
(T) – 61. Il y a, chez le patient, ouverture au transfert du seul fait qu’il se met dans la position de s’avouer dans la parole. (XXIII, p.306 ; 7 juillet 1954).
62. De n’être pas reconnu, le transfert a opéré comme obstacle au traitement. Reconnu il devient le meilleur appui du traitement. (XXIII, p.308 ; 7 juillet 1954).
(T) – 63. Mais avant même de s’apercevoir de l’existence du transfert, Freud l’avait déjà désigné. En effet il y a déjà dans la Traumdeutung une définition de l’Übertragung en fonction du double niveau de la parole, je vous l’ai dit. Il y a des parties du discours désinvesties des significations qu’une autre signification, la signification inconsciente, vient prendre par-derrière. (XXIII, p.309 ; 7 juillet 1954).
(T) – 64. Ce phénomène de l’investissement imaginaire joue dans le transfert un rôle pivot. Le transfert, s’il est vrai qu’il s’établit dans et par la dimension de la parole, n’apporte la révélation de ce rapport imaginaire que parvenu en certains points cruciaux de la rencontre parlée avec l’autre, c’est-à-dire ici, avec l’analyste. (XXIII, p.311 ; 7 juillet 1954).
(T) – 65. Le phénomène du transfert rencontre la cristallisation imaginaire. Il tourne autour et doit la rejoindre. (p.311). …

…si le transfert se fait trop intense, - il se produit un phénomène critique qui évoque la résistance, la résistance sous la forme la plus aiguë où on puisse la voir se manifester- le silence. En quoi vous saisissez, n’est-ce pas, que, comme le dit Freud, le transfert devient un obstacle quand il est excessif. (p.313). …

… Certains moments de silence dans le transfert représentent l’appréhension la plus aiguë de la présence de l’autre comme tel. (XXIII, p.313 ; 7 juillet 1954).
(T) – 66. Vous vous apercevez que les contradictions apparentes à propos du transfert, à la fois résistance et moteur de l’analyse, ne se comprennent que dans la dialectique de l’imaginaire et du symbolique. (XXIII, p.313 ; 7 juillet 1954).
(T) – 67. On peut dire que le transfert c’est le concept même de l’analyse parce que c’est le temps de l’analyse. (XXIII, p.314 ; 7 juillet 1954).

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