Juillet et août avaient été des mois assez frais en cette fin d’année 1930, mais, maintenant, le début septembre apportait une chaleur parfois insoutenable. Les





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titreJuillet et août avaient été des mois assez frais en cette fin d’année 1930, mais, maintenant, le début septembre apportait une chaleur parfois insoutenable. Les
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MAGNIANT Véronique
CM1/CM2
Camblanes


 

BILLAND Olivier
CM2
Aragon Floirac


LOUREC Didier
CM1
Jaurès Floirac



Le bonheur enfin trouvé

Juillet et août avaient été des mois assez frais en cette fin d’année 1930, mais, maintenant, le début septembre apportait une chaleur parfois insoutenable. Les pignes craquaient à qui mieux mieux dans les pins et semblaient répondre au chant des cigales. Les animaux des forêts n’hésitaient pas à sortir de leurs abris pour se désaltérer dans l’eau des fossés qui ne cessait de se faire rare. Tout était sec, partout dans les Landes, et on craignait les incendies.

Comme chaque jour, Alain se leva à 7 heures. Il avait mal dormi avec cette température toujours haute même la nuit et qui rendait les corps moites. Mais, ce matin-là, Alain était quand même bien réveillé, plus que les autres jours : il allait se servir pour la première fois de la fronde qu’il s’était appliqué à fabriquer depuis deux jours.

Ses parents, pourtant si durs, lui avaient permis de la confectionner. Il faut dire qu’ils y voyaient leur intérêt : Alain ramènerait ainsi des oiseaux sédentaires ou de passages, pourquoi pas des lapins ou des lièvres, qui amèneraient de la variété dans des repas parfois bien maigres ! Ils gardaient leur peu de poules pour les œufs ; le père n’avait pas de fusil pour ramener de temps en temps, comme le faisait parfois d’autres hommes, un chevreuil ou un sanglier ; la mère s’occupait certes d’un jardin potager qui fournissait tout un tas de sortes de légumes, mais, le plus souvent, le plat principal se résumait à des patates ou à des topinambours.

Oui, ses parents étaient durs. Alain n’avait pas été vraiment désiré, comme on dit…

Son père et sa mère s’étaient connus dans le village où ils habitaient et, à dix-sept ans chacun, les voilà père et mère… Leurs deux familles les avaient carrément bannis, leur demandant de quitter le village et de se débrouiller comme ils le voulaient avec leur progéniture. C’est ainsi qu’ils arrivèrent, après quelques jours d’errance, dans ce coin de la Haute-Lande, perdu sous les pins. Une maison abandonnée s’offrait à eux. Ils retapèrent la toiture qui fuyait de partout et se suffirent amplement de cette grande pièce principale avec, sur un côté, deux chambres, une pour eux, une pour Alain. Un lit dans chaque chambre ; une table, deux bancs, un buffet, un peu de vaisselle laissée là elle aussi, une cheminée dans la pièce principale.

Le père trouva un travail dans une scierie à quatre kilomètres de là. Huit kilomètres à pieds chaque jour. Un salaire de misère qui lui donnait juste de quoi, une fois par mois, acheter quelques vêtements ou quelques outils rudimentaires au marché du village de la scierie. La mère s’occupait de la maison et du jardin. Alain, depuis deux ans, allait à l’école d’un autre village, à six kilomètres celui-là. Douze kilomètres à pieds chaque jour…

La vie, difficile certes, aurait pu quand même être tout à fait supportable pour Alain qui avait maintenant 10 ans. Mais… Mais, comment se sentir bien quand vos parents vous disent chaque jour qu’ils ne vous aiment pas, qu’ils en sont là par votre faute, qu’ils vous giflent sans raison ? Comment trouver la vie belle quand vos parents sont jaloux de vous parce que vous avez de bons résultats à l’école, eux qui ne savent ni lire ni écrire ; quand ils vous privent parfois de repas, sans aucun motif ; quand un père revient avec des sabots neufs pour lui et sa femme, et pas pour son fils ?...

Alain se leva ce matin là avec un espoir : ramener vers midi quelques grives, merles ou passereaux qui lui permettraient de gagner, disons, un peu d’amour de la part de ses parents. Il ingurgita vite fait un morceau de pain et un verre d’eau, attrapa sa besace où il fourra un autre bout de pain et une tomate, prit sa fronde, caressa longuement la fourche de bois en V, testa la résistance à l’étirement des deux gros élastiques, vérifia leurs fixations par lanières aux extrémités de la fourche et au bout de cuir arrondi, puis il sortit.

Il sélectionna, dans le jardin potager, avec le plus grand soin, de beaux cailloux bien ronds, à la taille quasiment identique. Quand il en eut mis une trentaine dans ses poches, il prit un des grands chemins silencieux qui partait tout près de la maison.

- C’est parti ! dit-il tout fort, comme pour s’encourager.

Ah, sa matinée fut excellente ! Le tableau de chasse était impressionnant pour une première : cinq grives, quatre merles, 3 alouettes, une tourterelle et surtout… une palombe ! Alain sautillait sur le chemin du retour (il en faisait parfois tomber ses volatiles qui dépassaient de sa besace ou de ses poches), ivre de joie, fier de sa dextérité à la fronde, fier de ne pas rentrer bredouille, fier de prouver à ses parents qu’il valait bien quelque chose, fier de vivre un jour hors du commun.

Son arrivée chez lui le fut moins…

Quand il étala sa chasse sur la table, sa mère n’en revint pas. Elle resta bouche bée un long moment. Alain avait les yeux qui pétillaient de bonheur : sa mère était en train de comprendre, c’était sûr, qu’elle avait un fils qui était un sacré débrouillard, un bon petit gars qui pensait à agrémenter la vie de la famille, un beau petit homme qui pourrait même rapporter quelques sous de temps en temps en vendant les produits de sa chasse au marché…

La gifle partit. Sèche, d’un grand revers de bras. Alain tomba sur le sol de terre battue ; les yeux effarés.

- Salopard ! Ah, ça te fait plaisir de m’en mettre plein la vue ! Ah, monsieur est trop content de me montrer notre misère ! Ah, monsieur pense remplir son père de honte !!! Parce que monsieur pense qu’on ne mange pas assez bien et nous l’affiche en plein nez !

Un coup de pied partit à son tour. Bien calculé, dans les côtes.

La mère se dirigea en maugréant vers le buffet, en sortit la bouteille gnole du père et en but plusieurs gorgées.

Alain s’enfuit dehors. Il resta prostré sous le grand chêne, sanglotant, comme pris de convulsion dans tout son corps, les yeux dans le vide, jusqu’au soir.

A la nuit tombée, le père rentra du travail. Alain entendit des vociférations dans la maison. Il crut comprendre que son père réprimandait sa mère d’avoir eu une telle attitude envers lui. Enfin, c’est ce qu’il crut : le père sortit sur le pas de la porte, regarda dans sa direction en dodelinant de la tête pour tenter de le voir (la nuit était maintenant tombée), retourna dans la maison, ressortit avec la besace et la fronde qu’il jeta le plus loin qu’il put.

- Puisque tu es si fort, va donc vivre ta vie ailleurs ! Et ne remets plus jamais les pieds ici ! Ou je te tue !

Et il referma la porte avec une violence terrible.
Vers deux heures du matin, Alain se dit que tout cela suffisait.

Il ramassa sa fronde et sa besace, se dirigea à pas de loup vers la petite fenêtre de sa chambre qui était restée ouverte, se glissa à l’intérieur, prit sa couverture, le couteau pliant qu’il cachait sous son matelas, ses deux autres chemises, ses deux autres slips, ses deux autres culottes, ses deux paires de chaussettes, son seul pull, mit le tout dans le sac de toile qui n’avait jamais servi, ressortit tout aussi discrètement dans le noir tout aussi total.

Il reprit le grand chemin du matin, regardant bien en l’air pour se guider à la luminosité du ciel, marcha environ trois kilomètres, puis s’arrêta, sa douleur dans les côtes devenant un peu trop forte. Il se blottit à quelques mètres du bord du chemin dans un creux d’arbre qu’il avait utilisé quelques heures auparavant comme poste de guet.

- Quand il fera jour, j’irai à cette cabane abandonnée que j’ai repérée ce matin, se dit-il. Elle est trop en dehors des chemins, je risque de me perdre maintenant.

Avant de s’endormir, beaucoup de choses se bousculèrent dans sa tête : réparer la cabane ; faire du feu à la méthode préhistorique ; ne plus aller à l’école ; chasser pour se nourrir ; se protéger du froid ; voler du blé pour faire le pain ; trouver une source ;…vivre.

Le vent se leva un peu. Les pins paraissaient se pencher vers lui, comme compatissants, comme inquiets, comme solidaires.
Chapitre 1
Au petit matin, Alain avait énormément de courbatures. Le chêne n’était pas confortable, il y avait beaucoup d’insectes dans le creux de l’arbre qui l’avaient piqué pendant la nuit. Il avait toujours mal aux côtes, là où sa mère l’avait frappé. De plus il avait faim et soif : il n’avait rien mangé depuis le morceau de pain et la tomate qu’il avait avalés avant sa chasse la veille.

Il prit ses affaires et il partit à la cabane. En chemin, par chance, il trouva une petite source entre deux roches. Il eut peur que cette eau ne soit pas potable, mais il avait trop soif, alors il la goûta. Elle était bonne et il se mit à boire des litres et des litres pour étancher sa soif. Et il reprit sa route, après avoir mémorisé l’endroit où se trouvait la source.

En arrivant à la cabane, Alain trouva que la bicoque abandonnée était affreusement sale. Il y avait de la moisissure sur les murs, mais ce n’était pas si gênant. En revanche, il y avait des mites, des vers sur le plancher et des araignées dans chaque recoin de la cabane. La poussière envahissait chaque partie du refuge. Alors il décida de faire un peu de ménage avant de réparer. Il essaya de ramasser quelques saletés sur le plancher, mais il se fit terriblement mal aux mains à cause des échardes. Il prit son couteau pliant et coupa une petite branche de chêne pour se faire un balai improvisé. Alain commença donc à nettoyer la cabane. En balayant, il trouva par terre quelques clous rouillés. Il y avait dans un coin quelques planches qui étaient sûrement tombées du plafond. Il se dit qu’il pourrait remettre les planches à leur place pour boucher les trous du plafond. Ce ne serait pas agréable si la cabane venait à être inondée par la pluie. Alors, il alla chercher une pierre. Il commença à enfoncer les clous avec.

Il commençait à être tard, et il n’avait toujours pas mangé. Il était mort de fatigue et il finit par s’endormir, malgré la faim.

Le lendemain matin Alain se réveilla, il prit sa besace et sa fronde : il était affamé. Avec le ventre vide, il alla chercher des cailloux bien pointus. Il vit quelque chose bouger dans le buisson. Il eut alors des frissons de frayeur. Il se dit :

- J’espère que ce n’est pas un animal féroce… 

Il s’approcha à pas de loup des buissons pour identifier ce qui les faisait bouger. Il vit que c’était un lièvre. Il prit sa fronde, y glissa un des cailloux pointus ramassés sur le chemin. Il tira sur l’animal, le toucha du premier coup.

Puis il alla à la cabane et enleva la peau du lièvre. Il avait déjà vu sa mère le faire, il n’eut aucun souci. Il n’eut aucune pitié pour l’animal car sa faim le dominait.

Il fallait qu’il fasse un feu. Il ramassa deux pierres, car il avait appris à l’école qu’on pouvait faire des étincelles en frottant des pierres entre elles. Il essaya alors à plusieurs reprises d’obtenir ces étincelles, mais en vain. Il se souvint à ce moment-là qu’il fallait des silex pour que cela fonctionne. Donc, le garçon alla chercher des bouts de bois. Avec son couteau pliant, il enleva les pousses et l’écorce afin d’obtenir deux branches bien lisses et bien sèches. Il ramassa quelques feuilles mortes bien sèches elles aussi.

Il s’installa à l’abri du vent, posa les feuilles mortes par terre et se mit à frotter les deux bouts de bois entre ses mains. Il sentit une chaleur qui s’élevait des bouts de bois. Malheureusement, il n’y avait pas d’étincelles. Comme il sentait la chaleur, c’était plutôt bon signe et il ne se découragea pas. Alain se fit violence malgré sa fatigue et sa douleur aux mains, et il continua de frotter.

Soudain, il vit des étincelles apparaître et tomber sur les feuilles. Il souffla très doucement pour que les étincelles ne s’éteignent pas, et qu’elles enflamment les feuilles sèches. Il finit par obtenir une légère, mais sublime flamme. Petit à petit, il ajouta d’autres feuilles, puis des brindilles, et enfin des pommes de pin, jusqu’à ce qu’il ait enfin un véritable feu.

Il tailla une longue branche de bois, et, avec son couteau, il aiguisa un des bords. Puis il attrapa le lièvre pour l’embrocher. Ce qu’il avait à faire le dégoûtait affreusement : il ouvrit la bouche de l’animal et fit glisser la branche aiguisée qui ressortit par le postérieur de l’animal. Alain avait envie de vomir. Mais sa faim était trop forte, elle le poussa à le faire cuire et à le manger. Une fois le lièvre bien cuit, il le dévora rapidement, à contre-cœur. Il sentit le goût amer des boyaux, et se dit que, la prochaine fois, il les enlèverait avant de faire cuire l’animal.

Chapitre 2
Après une bonne sieste, Alain sortit de sa cabane pour aller chasser avec sa fronde. Il réussit à tuer quelques passereaux qui lui serviraient de repas pour les jours suivants.

Sur le chemin du retour, il entendit des hennissements. Il se dirigea vers eux et vit un cheval qui saignait d’une patte. Il s’approcha doucement et découvrit derrière l’animal, allongée sur le sol, une fille évanouie.

Après avoir essayé, en vain, de la ranimer il la souleva et la déposa délicatement sur le dos du cheval qui malgré sa blessure pouvait encore marcher. Il se saisit de la bride et tira la bête et sa cavalière jusqu’à sa cabane. Là, il attacha l’animal et alla étendre la fille à l’abri dans son logis.

Il s’empara alors d’un seau et sortit ramasser des orties. A l’aide d’un bâton il les écrasa et les mélangea à un peu d’eau. Il déposa la mixture sur un linge qu’il appliqua sur le front de la fillette. Il fit de même avec la jambe blessée du cheval et, alors qu’il terminait le pansement, il entendit remuer à l’intérieur de sa bicoque. Il se précipita.

  • Tu vas bien, interrogea-t-il ?

  • Ça… ça va, mais j’ai mal à la tête.

  • T’inquiète pas, ça va passer.

  • Comment tu t’appelles ?

  • Alain. Et toi ?

  • Je m’appelle Louise, Louise Dubois. Merci de m’avoir secourue. Mais où est mon cheval ?

  • Juste là, dehors. J’ai dû aussi lui faire un pansement sur sa jambe, mais je ne pense pas que cela soit grave.

  • Que faisais-tu dans les bois ?

  • Je chassais un peu pour pouvoir manger.

  • Mais où sont tes parents ?

  • Ils m’ont chassé de chez eux et maintenant je me débrouille tout seul. Et toi ?

  • Mon papa est au travail et ma maman s’occupe de la maison.

  • Ton papa fait quoi comme métier ?

  • Il est commissaire de police à Dax.

  • Tu habites à Dax !

  • Non, j’habite à Sabres, juste à la lisière de la forêt.

  • C’est pas à côté. Comment vas-tu rentrer ?

  • Avec Granit, mon cheval, j’espère. Je vais regarder sa blessure.

Louise se leva avec difficulté, tituba légèrement car sa tête lui faisait encore mal.

  • Regarde, observa-t-elle, c’est superficiel ; c’est juste une entaille. Je vais pouvoir le monter. D’ailleurs, je pars tout de suite ; mes parents vont finir par s’inquiéter. Je te remercie et je reviendrai te voir si tu veux bien.

  • Avec plaisir. Tu sais, je ne vois pas grand monde par ici.

  • A bientôt, lança Louise.



Pendant plusieurs semaines Louise rendit de nombreuses visites à Alain. Ils aimaient bien discuter ensemble, se promener dans les bois, cueillir des champignons, des mures…

Mais l’hiver approchait et Louise s’inquiétait de la situation d’Alain.

Un jour, elle lui demanda s’il voulait bien passait l’hiver chez elle.

  • Non, je te remercie, je vais me débrouiller tout seul. J’ai l’habitude maintenant, et puis tes parents…

  • Et bien justement, ce soir, je vais leur parler de toi. Cela fait plusieurs fois que je voulais le faire, mais je n’osais pas pour ne pas t’embêter. Je suis sûre que lorsqu’ils connaîtront ton histoire ils voudront bien t’accueillir.

  • Bon, fais comme tu veux. On se revoit la semaine prochaine ?

  • Peut-être avant, lui répondit-elle avec un sourire malicieux.



  • Maman, je suis rentrée !

  • Tu as vu l’heure Louise, maintenant la nuit tombe plus vite et je m’inquiète. Tes sorties à cheval le jeudi, c’est fini. Tu pourras les reprendre au printemps.

  • Justement, maman, je voudrais te dire quelque chose à propos de mes balades en forêt. Voilà, j’ai rencontré un garçon qui habite dans les bois et que je vois tous les jeudis depuis au moins deux mois.

  • Oui.

  • Euh… Il vit tout seul parce que ses parents ne veulent plus de lui.

  • Tout seul ! Et quel âge a-t-il ?

  • Dix ans et demi, comme moi.

  • Dix ans et demi !!! Qu’est-ce que tu me racontes ? Il ne peut pas vivre seul !

  • Si, je te promets, et il se débrouille très bien. Il chasse, ramasse des baies, des racines et récolte l’eau dans un petit ruisseau.

  • Ce que tu me racontes là est incroyable. Nous allons en parler à ton père pour voir ce qu’il est possible de faire.

  • Oui, bien sûr, mais j’avais pensé que pour cet hiver il pourrait peut-être venir à la maison ?

  • Ça n’est pas aussi facile. Cet enfant a des parents ; nous devons savoir ce qu’il en est exactement. Va te laver maintenant, tu sens l’écurie.


Louise raconta l’histoire d’Alain à son papa. Après une longue discussion avec son épouse, il décida de rencontrer Alain pour avoir plus d’informations sur ces « drôles» de parents qui abandonnent leur fils de dix ans.

Le lendemain Louise n’alla pas à l’école. Elle fut chargée par son père de ramener Alain chez eux afin que Monsieur le commissaire en apprenne plus sur les parents de ce garçon.
Après que Louise ait présenté le petit homme des bois à ses parents, celui-ci raconta son histoire ahurissante. Monsieur et madame Dubois furent stupéfaits de la débrouillardise et de l’intelligence de ce si jeune garçon, abandonné à lui-même, et qui s’était, ma foi, pas si mal sorti de cette épreuve.

  • Nous allons de ce pas rencontrer tes parents, annonça monsieur Dubois.


Le commissaire et sa fille montèrent dans la voiture, suivis d’Alain qui allait servir de guide. Après plusieurs kilomètres, ils quittèrent la route pour emprunter un chemin qui s’enfonçait dans la forêt. Ils durent abandonner la voiture assez vite et terminèrent à pieds. Plus ils avançaient, plus Alain avait peur ; il tremblait, était devenu blanc comme un linge et traînait derrière monsieur Dubois et sa fille. Louise le prit par la main et le rassura :

  • T’inquiète pas, mon papa est là. Il ne peut rien t’arriver.


Arrivé devant la pauvre demeure, Monsieur Dubois frappa à la porte.

Les parents d’Alain ouvrirent.

  • Bonjour, je suis le commissaire Dubois.

  • Qu’est-ce que vous voulez ?

  • Nous avons retrouvé votre fils.

  • Et qu’est-ce que ça fait ?

  • Avant d’en parler, pourrions-nous entrer ?

  • Pour quoi faire ?

  • Nous serions plus à l’aise pour discuter sérieusement.

  • Y’a pas à discuter. Après tout c’ qu’y nous a fait, on veut pus d’lui.

  • Justement, mon épouse et moi-même nous aimerions l’accueillir pour quelques temps chez nous, si vous n’y voyez pas d’inconvénient.

  • Gardez-le et qu’on l’ revoit plus !


Ils leur claquèrent la porte au nez.

  • Ce petit n’a vraiment pas de chance, pensa le commissaire. 


De retour à la maison des Dubois, le sourire était revenu sur les lèvres d’Alain.

  • Nous allons t’installer dans le grenier. Mais il va falloir l’aménager. En attendant, tu dormiras sur le sofa du salon, proposa madame Dubois.

  • Je vais faire mes devoirs, annonça Louise. Papa tu pourrais venir m’aider, s’il te plait ?

  • Non, je dois me rendre au commissariat. Ils m’attendent depuis ce matin. Nous avons une grosse affaire en route. A ce soir !

  • Louise, je peux t’aider ? proposa Alain.

  • Euh… oui, si tu veux, répondit Louise pour ne pas vexer son ami, doutant qu’il puisse lui être d’un grand secours.

En à peine une demi-heure, Alain avait expliqué quelques règles de grammaire, un problème de maths difficile et le système circulatoire à une Louise qui n’en revenait pas. Elle alla montrer son travail à sa mère.

  • Alain, c’est toi qui à aider Louise à faire tout ça ?

  • Oui, madame.

  • Tu allais donc à l’école avant ?

  • Oui. Elle était loin de la maison, mais j’aimais tellement y aller !

  • Tu voudrais y retourner ?

  • Oh oui, bien sûr !

  • Bien, on s’en occupe dès demain.


Chapitre 3
L'école de Solférino était une vieille bâtisse construite il y a plus d'un demi-siècle. Elle ne comptait que deux classes : la classe des "petits" où Mme Lamarque accueillait une trentaine d'élèves de cours préparatoire et de cours élémentaire et la classe des "grands" que tenait avec autorité son mari, M. Lamarque : une trentaine d'élèves aussi de cours moyen et de fin d'études...
C'est ainsi que Mme Dubois avait présenté à Alain sa nouvelle école, quelques jours avant Toussaint. Elle avait rajouté que M. Lamarque et le commissaire Dubois étaient des amis, qu'ils avaient combattu côte-à-côte dans les tranchées pendant la Première Guerre Mondiale et qu'ils étaient tous deux originaires du même village de la Haute Lande, un village nommé Callen...
En ce matin du trois novembre, au moment où Mme Dubois gara la lourde Peugeot qu'elle conduisait plus que prudemment devant l'école de Solférino, Alain n'était pas du tout impressionné par son retour à l'école. Au contraire, il se plaisait à l'école. Le vieil instituteur de Belhade, avec sa barbe blanche et sa blouse grise parsemée de tâches d'encre violettes, ne disait-il pas en s'adressant aux plus mauvais élèves de sa classe : "Regardez, prenez exemple, Alain Hirigoyen, lui au moins, il sera premier prix cantonal au certificat d'études à Pissos !"
En ce début du mois de novembre, un grand vent abaissait les pins et balayait les dernières feuilles des tilleuls de la cour de récréation... Des nuages noirs traversaient le ciel, venant de l'Océan. Ils apportaient la pluie. Alain, lui qui avait vécu dans les bois, savait ce que signifiaient ces longues rafales de vent : des déluges d'eau. Décidément, il serait mieux en classe et logé dans le grenier de la famille Dubois qu'à courir les pinèdes pour tuer un maigre passereau pour calmer sa faim ...
L'instituteur s'approcha d'eux :

- Bonjour, André ...

- Bonjour Edith, vous êtes bien matinale, mais c'est toujours un plaisir de vous rencontrer !

- Toujours aussi flatteur, mon cher André ... Je vous présente notre jeune protégé Alain

- Bonjour, Alain, Octave et Edith m'ont dit que tu as vécu plusieurs mois seul dans la forêt ... C'est une histoire incroyable ... Tu dois avoir plein d'histoires fabuleuses à nous raconter ...

- Peut-être, m'sieur. Je vous remercie de m'accueillir dans votre école ...
André Lamarque reconnut la phrase répétée dans la famille Dubois et qu'Alain avait réussi à placer dans la conversation...

- C'est normal, l'Ecole doit accueillir tout les enfants ... Nous nous retrouverons en classe. Vu ton âge, je t'ai mis en CM2 ... Nous verrons si cela convient ... Tu t'assoiras à côté de Louise ...
Très heureux de cette nouvelle, Alain s'éloigna dans la cour où il retrouva Louise en train de jouer à la marelle avec ses camarades... Elle lui présenta Sidonie, la fille d'un éleveur de chevaux, Georgette, la fille de l'épicière de Sabres qui fréquentait l'école de Solférino puisque ses parents possédaient la jolie maison qui était juste à côté de l'école, Maria, la fille d'un résinier espagnol et enfin Baptiste, un grand garçon qui portait encore des culottes courtes malgré le froid et que Louise présenta comme le fils du régisseur de la ferme de son père...
La cloche tinta. C'était une vraie cloche qu'un garçon de CP agitait vivement en tirant sur une corde... Elle faisait autant de bruit que toutes les cloches des églises des villages voisins réunis ...

En moins de trente secondes, tous les enfants furent rangés en deux rangs devant chaque porte d'entrée de classe. Alain aperçut Mme Lamarque pour la première fois. Elle ressemblait aux photos des dames que l'on trouvait dans les magazines vendus chez le marchand de tabac de Pissos...

Les "grands" entrèrent en classe sans un bruit, M.Lamarque ôta au passage le béret d'un des plus vieux élèves qui avait oublié de l'enlever...

En quelques secondes, les trousses, les plumiers furent sortis des cartables, les sacs avec les repas de midi déposés au fond de la classe... Un poêle à bois ronronnait doucement. Il faisait bon. Cela sentait l'encre et la craie. Quelques guêpes écrasées étaient encore sur le plancher qui sentait bon la cire...

- Les FP2, rédaction, "Racontez une journée de vos vacances", les FP1, arithmétique, exercice n° 169, page 35, les CM1, géométrie, exercice n°2, page 37, quant aux CM2, leçon de géographie avec moi ... Silence, mesdemoiselles et messieurs ...
En quelques secondes, comme à l'école de Belhade, les cahiers furent ouverts à la page. On entendit les plumes racler sur les bords des encriers de faïence blanche puis glisser sur le papier ... On aurait entendu une mouche voler ...

- Boris, la capitale de l'Italie ?

- Milan

Quelques doigts se levèrent timidement. C'était mauvais signe pour le dénommé Boris

- Non, Naples, m'sieur, je me suis trompé ...

Presque tous les doigts même celui d'Alain et celui de Louise étaient levés. Le maître s'approcha de Boris

- As-tu ouvert ton cahier de géographie pendant ces vacances ?

- Au moins deux, trois fois !

- Pas autant que tu ne l'aurais dû, tu copieras pour demain dix fois le résumé sur les principaux pays d'Europe et leurs capitales ... A toi, le nouveau ...

- Rome, m'sieur

- A la bonne heure

- Milan et Naples sont des villes d'Italie mais ce ne sont pas la capitale, assura Baptiste sans être interrogé et qui ne voulait pas perdre la face aux yeux de Louise.

- Monsieur Péchaurieux, t'ai-je interrogé ?

- Non, m'sieur ...

- Alors, tu copieras cinquante fois "Je ne prendrai, pas la parole si je ne suis pas interrogé"... Par contre, ce qu'a dit votre camarade Boris est parfaitement juste. Quelqu'un connaît-il d'autres villes d'Italie ?

Seul, Alain leva le doigt avant de le baisser en rougissant vu que Louise ne levait pas le sien ...

- Alain, tu connais d'autres villes italiennes ... Ah, j'ai oublié de vous présenter votre nouveau camarade. Il s'appelle Alain Hirigoyen et il arrive de l'école de Belhade ... Alors, Alain, ces noms de villes ?

- Je connais aussi Venise et Florence ...

- Très bien
Alain venait de faire une entrée remarquée dans la classe. Même les grands de FP2, ceux qui devaient avoir près de quatorze ans et qui quitteraient l'école au 14 juillet le regardaient avec respect... Un petit du CM2 qui connaît toutes ces villes d'Italie !
La leçon de géographie continua et Alain découvrit qu'il connaissait presque toutes les capitales des pays d'Europe qu'avait demandées le maître sauf celle de l'Irlande ... Le vieil atlas que lui avait prêté l'instituteur de Belhade n'indiquait pas l'Irlande comme un pays, mais comme une région du Royaume Uni ...

- CM2 : opérations, livre de calcul, exercice page 69, n° 157
En moins d'un quart d'heure, Alain eut terminé les deux multiplications et les deux divisions de l'exercice même la dernière qui paraissait poser problème à tous ses camarades qui levaient les yeux vers le plafond comme si la réponse y était écrite... Pour lui, diviser 167,65 par 5,3 à 1/1 000ème près par défaut ne présentait pas la moindre difficulté. Même s'il avait perdu deux mois de classe à errer dans les fourrés, à ramasser des champignons et à chasser des palombes, il n'avait rien perdu de ce qu'il avait appris à l'école...

Quelques minutes après lui, Louise eut terminé. Elle se leva et apporta son cahier au maître qui faisait réciter une poésie aux élèves de CM1... Alain comprit qu'il devait en faire autant. Il se leva et se mit derrière Louise pendant que le maître la félicitait car ses quatre opérations étaient justes.

"Et je mettrai sur ta tombe un bouquet de houx vert et de bruyère en fleurs", Emilie venait de réciter avec appréhension la poésie de la semaine...

- Tu as fait des progrès, Emilie, tu apprends désormais tes poésies, mais il faudrait que tu n'oublies pas de donner le nom de l'auteur

- Jean de la Fontaine, m'sieur ...

- Non, Emilie, Jean de La Fontaine a bien écrit "La cigale ou la fourmi", "Le corbeau et le renard" mais il n'a pas écrit toutes les poésies de la terre !
Quelques élèves de FP1 et de FP2 se moquaient en cachette, têtes baissées sur leur bureau, de la plus jeune élève de la classe...

- Je suis sûr que si j'interrogeais tous ceux qui rient, ils ne sauraient pas tous me donner le nom de l'auteur de "Demain, dès l'aube" ...

Le calme revint immédiatement dans la classe.

- C'est Victor Hugo, Emilie ... File à ta place finir tes exercices ...

L'instituteur écrivit un "Excellent" dans la marge du cahier d'Alain, le lui tendit et lui demanda de prendre un livre de lecture sur une étagère basse afin d'attendre en silence la récréation ...
Quelques minutes plus tard, on entendit les élèves de Mme Lamarque sortir dans la cour puis le facteur frappa à la vitre de la porte d'entrée de la classe de M. Lamarque.

L'instituteur demanda à ses élèves de ranger leurs affaires, récupéra le courrier que lui tendait le facteur, échangea deux ou trois mots avec ce dernier qui se plaignait de l'humidité et de ses rhumatismes, puis il demanda à Alain de rester un peu avec lui ...

- As-tu une idée de ce que tu voudrais faire plus tard ?

- Oui, m'sieur, j'aimerais voyager, aller en Afrique, au Sénégal, remonter les fleuves, découvrir des animaux comme les rhinocéros ou les girafes

- Des girafes ?

- Oui, j'ai vu des photos de girafes dans un magazine à Pissos et j'aimerais aller là où elles vivent ?

- Et tu as une idée du métier que tu voudrais faire ?

- Médecin, m'sieur ... Pour soigner, guérir, aider ... les enfants.

- C'est très bien mais ce sont de longues études et qu'en pensent tes parents ?

- Mes parents, ils n'existent plus ...

- Pardon, je ne savais pas qu'ils étaient décédés mais tu as peut-être des oncles et des tantes, des grands parents, des cousins ...

- Ils ne sont pas morts, m'sieur, ils ne veulent plus de moi. Je suis "la source de leurs ennuis" comme dit mon père. Des grands-parents, des oncles, des tantes, des cousins, je ne sais pas si j'en ai. Je ne les ai jamais vus. Je sais seulement que mes parents se sont fâchés avec leurs parents avant ma naissance... Quand mes parents sont en colère avec moi, quand ils ont bu un petit peu trop de gnôle et qu'ils m'ont donné quelques bonnes gifles, il leur arrive de parler d'un village où ils étaient heureux avant que je naisse. Ils parlent de Peyrehorade ... Je ne sais même pas si ce village existe. Je n'ai jamais voulu le vérifier dans l'almanach de la Poste ...

- Si, mon garçon, Peyrehorade existe ... C'est un assez gros village du sud des Landes, presque dans les Basses Pyrénées ... Allez, sors, va profiter de la récréation avant que la pluie n'arrive ...


Quelques semaines passèrent et dans le courant du mois de janvier, M et Mme Lamarque vinrent déjeuner chez les Dubois. Le commissaire Dubois n'avait guère été présent pour les fêtes de fin d'année car il avait dû mener une longue enquête sur des vols dans plusieurs villas à Biscarosse et à Sanguinet, villas inoccupées pendant l'hiver.

Au début du mois de janvier, lors d'une inspection de routine chez un brocanteur, un de ses inspecteurs avait retouvé plusieurs objets volés et après avoir placé le magasin sous surveillance, ils arrêtèrent les voleurs et le brocanteur ...

L'affaire avait fait la une du "Courrier des Landes", le journal local.
Ce soir-là, Alain à qui Mme Dubois avait fait faire un costume neuf sur mesure chez un vieux tailleur de Liposthey, un village voisin et Louise qui portait une superbe robe rose furent autorisés à dîner avec les adultes. Au moment où Mme Dubois portait les magrets de canard sur la table, Monsieur Dubois ouvrit une bouteille de vin de Bordeaux et dit :

- Alors, mon cher André, que pensez-vous de nos deux élèves ?

- Octave, vous savez depuis longtemps ce que je pense de Louise. C'est une élève brillante, cultivée qui réussira pleinement au Collège de Dax dans lequel vous allez l'inscrire à la rentrée prochaîne. Je ne me fais pas de soucis pour elle.

- Mon cher André, je vous remercie de votre indulgence envers ma fille mais que pensez-vous de ce jeune homme, au bout de la table, qui salive déjà sur les tranches de magret qu'Edith va déposer dans son assiette... ?

- La même chose que vous, il est gourmand ...
L'instituteur de Solférino s'arrêta pour faire des compliments sur la cuisson du magret et sur le parfum et la couleur du vin de Bordeaux puis il reprit...

- Vous voyez, avec Alain, c'est vraiment l'adjectif gourmand qui convient. Il est gourmand de tout : de ce qu'il mange et cela fait plaisir à voir ; mais aussi gourmand de savoir et chez un garçon, c'est plutôt rare ... Ce serait dommage qu'il aille au certificat d'études et commence à travailler ... Il peut faire beaucoup mieux. Il a sa place au lycée de Mont de Marsan à la rentrée prochaine, j'en ai parlé au proviseur et il obtiendra une bourse pour cela si vous êtes d'accord. S'il le faut, j'irai rencontrer avec votre permission ses parents.

- Avec ou sans bourse, il ira au lycée en octobre ...
Alain toussa, Louise lui tapa amicalement dans le dos. Ils étaient devenus inséparables. Elle lui avait appris à monter à cheval et Mme Dubois avait autorisé qu'il monte une vieille jument qu'on lui avait offerte à sa majorité et qui s'appelait Coquette ...

Granit et Louise, Coquette et Alain faisaient de longues chevauchées dans la campagne. Ils leur arrivaient parfois de revenir vers la bicoque où Alain avait soigné il y a trois mois tout au plus la tête blessée de Louise et la jambe abîmée de son cheval. Ils étaient devenus très proches.

Baptiste avait renoncé à les ennuyer et du haut de ses treize ans, il n'était plus jaloux et "faisait la cour" à Georgette qui lui fournissait en échange des kilos de sucreries venues de l'épicerie de Sabres...

D'ailleurs, il en avait peut-être un peu marre de jouer le protecteur de Louise.
Quant à Louise, elle était devenue un vrai garçon manqué et elle déchirait ses robes dans les buissons. Alain lui avait fabriqué une fronde avec une branche fourchue de chêne et ils passaient de longues heures à chasser les oiseaux. Louise avait même ramené une bécasse à son père. Elle était fière de ses qualités de chasseur et son père et sa mère, même s'ils faisaient semblant de la gronder, étaient assez satisfaits de la voir aussi heureuse de vivre...

- Oui, reprit Octave Dubois, nous avons fait le nécessaire et même si nous ne pouvons pas adopter Alain puisque ses parents sont en vie, ils ont accepté que nous devenions, Edith et moi, ses tuteurs... Nous avons accompli les formalités auprès du juge de paix de Peyrehorade et chez notre notaire, Maître Galmier à Gabarret ... C'est un peu comme s'il était notre fils ...
Alain se demandait s'il ne rêvait pas, si ce qui se passait était bien réel... Il aurait voulu se lever, aller embrasser Edith et Octave Dubois, mais il n'osait pas. Il ne savait pas s'il pouvait le faire. Il avait peur d'être ridicule.

C'est alors qu'il reçut sous la table un coup de pied de sa voisine qui lui fit signe de la tête qu'il pouvait le faire.

Il se leva aussitôt et tomba dans les bras d'Edith Dubois qui se mit à pleurer en le serrant fort dans ses bras. Puis, Alain alla remercier le commissaire Dubois... Il lui tendait la main lorsque le commissaire lui dit :

- Alors, et moi, tu ne m'embrasses pas, garnement !

En hésitant, Alain l'embrassa sur la joue droite, un peu au-dessus de sa barbe... Le Commissaire lui ébouriffa les cheveux et poursuivit :

- Plus jamais personne ne te frappera. Tes parents sont partis s'installer à Bordeaux. Nous les avons aidés à ouvrir un commerce de bois... Sois tranquille ...
La soirée se termina ainsi pour les deux enfants qui après avoir avalé en dessert une tarte avec les poires au sirop récoltées à l'automne dans le jardin, allèrent se coucher.

Alain ne s'endormit pas facilement cette nuit-là. Il trouvait merveilleux d'être aimé et il allait avoir la chance d'aller au lycée Victor Duruy... Il ne savait pas qui était ce Victor Duruy, mais il se promit de l'apprendre d'ici à la fin de la semaine...
Début octobre 1931, ce fut la séparation avec Louise. Ils ne se revirent, pendant sept longues années, que pour les fêtes de Noël, pour Pâques et pour des longues vacances entre le quatorze juillet et mi-septembre... Longtemps, ils continuèrent à faire du cheval, à chasser ensemble, à se baigner dans des étangs... Pendant les semaines et les mois d'école, ils s'écrivaient souvent de longues lettres où ils se racontaient tout ce qu'ils aimaient, tout ce qu'ils faisaient...
Tous deux réussirent leur baccalauréat sans difficulté et, en 1938, ils commencèrent des études universitaires : Louise à Paris pour devenir chimiste et Alain à la Faculté de Médecine de Bordeaux pour devenir médecin...
Il y eut bien vite la guerre et la Résistance... et, en 1946, dans la Mairie de Solférino, bien trop petite pour l'occasion, le docteur Alain Hirigoyen, médecin à Roquefort, épousa Louise Dubois. Le témoin du marié était André Lamarque, l'instituteur de Solférino qui venait de partir à la retraite…

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